Iron Maiden / Evergrey : Run For Your Lives Tour – La Défense Arena, Nanterre, 22/06/2026
par
Duabiht
Voilà déjà presque un an qu’Iron Maiden jouait pour la première fois à la Défense Arena et parvenait à remplir la plus grande salle de spectacle d’Europe pendant deux soirs consécutifs. Étant en vacances dans les Alpes, je n’ai malheureusement pas pu assister à leur prestation, me contentant de lire tous les retours de mes amis sur les réseaux sociaux. J’ai beau avoir vu les Anglais un bon paquet de fois en près de 25 ans, ce rendez-vous manqué m’est un peu resté en travers de la gorge.
Bien entendu, il était hors de question de louper cette nouvelle date, et le billet fut pris dans la foulée de son annonce ! Nous avons également appris qu’une captation complète du concert était prévue, ce qui nous imposerait une politique stricte vis-à-vis des téléphones portables : interdiction d’allumer son smartphone dans la fosse. Une pochette scellée nous sera remise à l’entrée afin de garantir le respect de cette règle.
C’est sous une chaleur écrasante qu’une belle foule s’amasse derrière la Grande Arche de la Défense, mais avec une grande fluidité, avant de finalement pouvoir apprécier la climatisation de la salle.
Il est à peu près 19 h 20 quand débarquent sur scène les Suédois d’Evergrey, unique groupe d’ouverture de la soirée. Ouvrir pour Iron Maiden est à la fois une bénédiction et une malédiction pour n’importe quel groupe, aussi bon soit-il. Certes, c’est l’assurance de toucher un public très large, mais c’est aussi jouer devant une audience venue essentiellement pour la bande à Steve Harris.
Evergrey ne déroge pas à la règle et c’est un groupe qu’il va falloir subir pendant 45 minutes. En soi, nous avons déjà eu droit à tous les népo-babies du clan Maiden (Lauren Harris ou Rise to Remain pour ne citer qu’eux), et cette fois il s’agit d’un groupe établi depuis près de trente ans. Mais au secours, qu’est-ce que c’est pénible ! Tout ce que Napalm Records peut produire de pire est réuni ici : une sorte de Power Metal progressif ultra-calibré, doté d’un son très lourd, d’un chant clair finalement pas si mauvais et d’une batterie triggée jusqu’à l’absurde. Mais le clou du spectacle reste ce clavier omniprésent et kitschissime qu’il faut subir tout du long. À tout moment, je m’attendais à entendre une reprise de « Final Countdown », qui n’est jamais venue. Peut-être pour le mieux, même si j’adore ce morceau.
Bref, une fois le set terminé, c’est avec soulagement que nous voyons les lumières se rallumer. Le moment tant attendu où les premières notes de « Doctor Doctor » de UFO vont résonner approche enfin : ce sera le signal du début des vraies hostilités ! Il n’est pas encore 21 heures quand « The Ides of March » donne le ton de la soirée : une setlist dédiée à la période 1981-1992 du groupe. En définitive : que des tubes en puissance.
Et des tubes, nous allons en enchaîner. « Murders in the Rue Morgue », « Killers », « The Number of the Beast », « Powerslave », entre autres, sont exécutés avec classe et brio par ces fringants septuagénaires. Bruce nous explique qu’il va éviter de communiquer en français — langue qu’il maîtrise pourtant très bien puisqu’il réside à Paris depuis plusieurs années — pour les besoins de la vidéo en cours de tournage. Comme à leur habitude, les Anglais ont mis le paquet sur la scénographie, avec une nette amélioration des projections qui habillent élégamment la scène, sans oublier les fameux costumes d’un Bruce toujours aussi sautillant pendant que ses comparses jouent avec un sourire jusqu’aux oreilles. L’événement surprise de la tournée reste la présence dans la setlist du magnifique « Infinite Dreams », qu’ils n’avaient plus joué depuis 38 ans, soit depuis la tournée de « Seventh Son of a Seventh Son ». Et punaise, c’était absolument divin. Puis, soudainement, la soirée prend une tout autre tournure en plein milieu de « 2 Minutes to Midnight ». La salle se retrouve plongée dans le noir, les instruments se taisent. Pendant quelques instants, on pourrait croire à un happening ; les Anglais peuvent être facétieux… Mais non. Là, cela dure beaucoup trop longtemps.
Il faudra plusieurs minutes pour récupérer un peu de lumière et de climatisation avant qu’on nous explique qu’une panne de courant, soit-disant située dans le quartier, serait à l’origine de cette interruption. Il va falloir prendre notre mal en patience et attendre près d’une heure avant que tout soit rétabli. Bruce Dickinson, furieux, vient alors nous expliquer que la salle impose un couvre-feu à 23 h 30, ce qui entraînera la suppression de tout rappel. « I prefer Bercy, La Défense shits on you. » Voilà, Bruce aura dit les termes.
Mais il en faut davantage pour se laisser abattre, et la suite du programme — « Rime of the Ancient Mariner », « Run to the Hills », « Seventh Son of a Seventh Son », « The Trooper », un magistral « Hallowed Be Thy Name » et enfin « Iron Maiden » — nous consolera quelque peu d’avoir manqué « Aces High », « Fear of the Dark » et « Wasted Years ». On ressort néanmoins de la salle avec un goût amer, mais également ravis. Il est strictement impossible d’être déçu par Iron Maiden : on en veut simplement toujours un peu plus !
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