Mayhem / Marduk / Immolation – L’Elysée Montmartre, Paris, 11/02/2026

par avatar Duabiht

On est mercredi, 17h55, en cette fin d’après-midi pluvieuse, je ne m’attendais pas à voir une telle queue devant l’Elysée Montmartre, tellement qu’il m’a bien fallu une bonne demi-heure pour entrer dans la salle au son d’Immolation qui vient juste de démarrer son set.

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S’il existait une médaille du travail pour le Death Metal, Immolation mériterait celle de platine haut la main. Les faits sont là : près de quarante ans de service sans jamais défaillir, les new-yorkais sont toujours aussi impeccables sur scène tout en restant humbles et accessibles. C’est dingue de les voir systématiquement ouvrir pour les autres, et en conséquent ne pas pouvoir bénéficier des mêmes conditions sonores et lumineuses, car encore une fois ils nous ont offert une leçon de Death Metal dans les règles de l’art en mettant un point particulier sur le dernier album en date, ‘Acts of God’. Au moins ils auront joué une bonne quarantaine de minutes, c’est toujours ça de pris !

En attendant Marduk on se rend compte que la salle commence à bien se remplir, c’est sûr le sold-out est assuré, ce qui est bien peu étonnant aux vues de l’affiche.

Etant placé assez en avant et au centre, je vois les personnes juste à côté de moi se faire éjecter dès les premières mesures de ‘Frontshwein’ entamées. Marduk est pourtant un groupe habitué des scènes parisiennes, c’en est même devenu une routine annuelle de les voir dans le 18e ! Certains diraient même qu’ils ont une loge à leur nom à la Machine du Moulin Rouge. Mais étrangement ce soir il se passe vraiment quelque chose. Entre une setlist offrant un beau panorama de leur carrière, du classique ‘The Black…’ au génialissime ‘Shovel Beats Sceptre’ en passant par ‘Infernal Eternal’ ou ‘Cloven Hoof’, ils sont clairement là pour s’imposer et la violence dans le moshpit juste à côté de moi leur rendra bien. Une seule victime ce soir : le pied de micro de Mortuus qui a l’air de fortement l’agacer, ajoutant toujours plus de hargne et de détermination dans son regard. La notion de laisser un peu de place aux autres, ils ne semblent pas connaitre, finissant vainqueurs par K.O. à coup de ‘Blond Beast’ avant même l’arrivée sur scène de Mayhem.

Mayhem….la légende Mayhem qui ne tient plus que sur un membre fondateur et sort des albums aussi excitants que l’eau tiède. Aujourd’hui, aller voir Mayhem sur scène c’est surtout assister à une démonstration théatrale de son chanteur, grimé tantôt en simili Don Camillo, puis en Colonel de république bananière ou en vampire trimballant partout son crâne de compagnie. Mais pour être honnête, et certainement du fait de mon absence totale d’attente vis-à-vis du groupe, je suis globalement content de leur prestation qui propose aussi ici un panorama de leur carrière. Le nouvel album n’est ici représenté que par trois titres, et ‘De Mysteriis Dom Sathanas’ qu’ils ont suffisamment essoré ces dix dernières années, par quatre titres, mais pas de ‘Funeral Fog’ en vue ! La vraie surprise c’est la présence de ‘To Daemonium’ et de ‘View From Nihil’ tirés de ‘Grand Declaration of War’ qui fait vraiment plaisir. Des titres de l’époque où Mayhem était encore un groupe plein d’audace. Après une vraie fausse fin sur ‘Buried By Time And Dust’, c’est ‘Sylvester Anfang’ qui vient résonner, annonçant un rappel full Deathcrush, et c’est là que les choses deviennent quelque peu embarrassantes... du moins les projections l’étaient particulièrement : le mercredi soir chez Mayhem c’est soirée diapos avec toutes les photos des membres du groupe dans les années 80 qui défilent pendant qu’on étire ‘Carnage’ jusqu’à plus soif. Désolé, mais là j’ai beaucoup de mal à assister à un spectacle de la tournée des vieilles canailles chez les fondateurs du Black Metal norvégien.

Il faut s’y faire, on ne va pas en rajeunissant, et eux non plus, alors autant profiter du moment au maximum tant qu’ils sont là !

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