Dool / Witchorious – Backstage by the Mill, Paris, 23/10/2025

par avatar Duabiht

Après leur passage remarqué au Trabendo en compagnie de Hangman’s Chair il y a un an à peine, Dool revient déjà à Paris dans une semaine très chargée en concerts. Paradise Lost, Dodheimsgard, Helloween et Skelethal (entre autres…) sont venus animer la capitale, obligeant le public à faire des choix pour garder sa santé physique. Mais au fond, est-ce qu’on va s’en plaindre ? Bien sûr que non ! Cette vivacité de la scène est une bonne chose et puis Dool est l’un des groupes les plus intéressants apparus ces dix dernières années. Leur succès grandissant est plus que mérité avec ses trois albums fantastiques. Jusque-là, une carrière sans faute, et la fréquentation du Backstage ce jeudi soir est un bon indicateur de leur popularité.

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Le groupe francilien Witchorious se charge de jouer en premier ce soir. Avec un tel nom, on peut s’attendre à quoi à part du Doom à la Electric Wizard ? Et oui, certains clichés sont parfois avérés et ce n’est pas si grave que ça. Le son de la bassiste est fuzzé à mort, les riffs de guitare très répétitifs et le batteur cogne comme s’il devait fendre du bois. Le principal attrait du groupe, c’est la complémentarité du chant, partagé entre le guitariste et la bassiste. Ça offre une bonne dynamique aux morceaux et on en revient à regretter que cette dualité ne soit pas plus exploitée, laissant quand même la grande majorité du chant au guitariste. Fondamentalement c’est bien foutu, les amateurs en ont pour leur compte, les autres en profiterons pour aller au bar.

Viennent ensuite nos hollandais préférés. Loin des clichés des géants blonds au teint rougeau et sapés comme des sacs, les membres de Dool sont toujours aussi élégants sur scène, arborant des impertinentes chevelures soignées et leur leader, Raven, déborde littéralement de charisme. Passées les salutations habituelles, c’est toujours l’album ‘The Shape of Fluidity’ qui est mis à l’honneur en démarrant sur le morceau homonyme, suivi de ‘Self-Dissect’ et ‘The Hand of Creation’, des morceaux qui servent littéralement d’exutoire à son leader sur son vécu et qui a su en faire une force et une œuvre magnifique. Cet album est une pépite de Dark Rock, touchante, puissante et maitrisée. L’utilisation des trois guitares ne semble jamais superflue, le groupe semble ainsi faire front commun comme un bloc seul et unique. Le public quant à lui n’en perdra pas une miette. On revient ensuite à l’album ‘Summerland’ via l’excellent titre ‘Wolf-Moon’, suivi du ‘The Alpha’, rare survivant du premier album, et dont la rythmique prend des airs de danse shamanique. Si ‘Summerland’ paraissait un peu plus difficile d’accès que son prédécesseur, c’est en live que ses titres prennent toutes leurs dimensions, preuve en est ce ‘God Particle’ qui ne paie pas de mine, mais qui cartonne vraiment sur scène. Tout aussi efficace, ‘Venus in Flames’ est un véritable morceau de bravoure et sera même l’occasion pour le guitariste de sortir son bottleneck. Sacré contraste avec ‘House on a Thousand Dreams’ qui parait plus intimiste, mais dont la montée finale prend des allures d’explosion émotionnelle. C’est un véritable affrontement entre Raven et ses démons qui se produit durant ‘Hermagorgon’ où les guitares se livrent à des solos viscéraux et viennent s’harmoniser, tandis que sa ligne de chant ‘ I’ll be Ready’ marque sa détermination et toute sa force. La fin du set se fera sur ‘Oweynagat’, titre phare de ‘There Now, Here After’ et véritable tube du groupe, joué avec une intensité folle, ça prend aux tripes à tous les coups, et la fin du concert n’en est que plus brutale.

L’habituelle reprise du ‘Love Like Blood’ de Killing Joke est assez étonnamment zappée, seul véritable regret de la soirée. Tant pis, ça sera pour une prochaine fois !

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