Radar - Les Mariniers, Moulins, 19/06/2026
par
Rastignac
Tel Dare-Dare Motus la souris de l'ère atomique, je m’en allai à Moulins, lieu pierreux, brûlant, assoupi et un peu vermoulu, à la recherche de musiques répétitives et un tantinet psychédéliques. Il fallait bien ça pour refouler la sensation que la planète était en train de brûler à ce moment-là, tranquillement. Tel donc le petit chien assis sur sa chaise avec son petit chapeau, au milieu des flammes, déclarant “this is fine”, je tins à me détendre devant ce groupe palimpseste de rock : Radar.

Retour aux vieilles sensations de quand on était fauché : concerts à zéro euro dans les bars, trainage de pattes dans des “pubs”, imprégnation de bière lyonnaise. À Moulins. Tout va bien ! Petit concert ce soir, avec un seul groupe donc, de Clermont. Public présent, dans une arrière salle, enfin, une sorte de grenier climatisé, et encore heureux, car je pense qu’on aurait sinon eu une belle séance de hammam avec gouttes qui perlent du plafond, papier-peint gondolé, on le décolle ça fait “spluartch” comme dans Barton Fink. Mais non.
On va plutôt déguster de la musique au frais, à cordes, deux guitares, une basse, des millions de pédales d’effets, et un batteur qui jouera le métronome. Des morceaux qui se tricotent tranquillement, faisant rêver de soirées Roadburniennes comme ils le faisaient avant de tourner un peu “full expé/bande de jeunes/dehors les barbus avec t-shirt Back Slabbath avec les patches Ramesses, et la coupe de cheveux Trouble”. C'est de la musique qu'on aime bien en Auvergne et autres banlieues bourbonnaises : de la musique pour se détendre, pour laisser le regard se troubler et réviser ses classiques de situationnistes avec la coupe au bol qui va bien via samples historiques pendant que le groupe se réaccorde. Un set qui part comme une lettre de sensi seed par la poste, sans première ni troisième partie, juste ce qu’il faut en temps pour ne pas avoir mal aux genoux à force d’être debout. On en redemande quand même de ces volutes des déserts, en imaginant ce que pratiquait, allez j’en nomme au moins un, Anton Newcombe quand il partait dans des jams avec ses serviteurs pendant des jours et des nuits.
On rentrera le corps moite, la bouche ninkasé, les oreilles et la nuque massées, les petits CD dans la popoche afin de prolonger cette ambiance de chaude fin des mondes - le temps de rentrer au bout (du département, pas de l’univers).
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