MORBIDFEST 2025 // Possessed / Terrorizer / Suicidal Angels / Nightfall / Ater - La Machine du Moulin Rouge, Paris, 19/12/2025

par avatar Duabiht

C’est le dernier concert de l’année organisé pas Garmonbozia, et l’affiche proposée à la Machine du Moulin Rouge prend des allures de mini-festival avec pas moins de cinq groupes à l’affiche, et pas des moindres ! Un line-up constitué majoritairement de groupes de légende qui ne passent pas tous les quatre matins par la France.

Morbidfest

Connaissant les restrictions horaires de la salle (Ah ! Il est loin le temps des concerts commençant à 23h00/00h00 à la Loco), il faudra démarrer tôt pour caser autant de groupes en finissant à 22h30. Le groupe Ater en fera les frais, comme pour une grosse majorité du public, il m’était impossible d’être sur place aussi tôt après une journée de boulot. Dommage pour eux.

C’est donc Nightfall qui occupe la scène à mon arrivée. Nightfall, un groupe qui évoque immédiatement les sorties Holy Records des années 90 et qui revendiquait pratiquer du Dark Metal. Un groupe qui a vu sa notoriété décliner au fil des ans, mais qui semble avoir eu un regain d’intérêt ces dernières années, après une traversée du désert de dix ans. Je dois le dire, je n’en attendais rien de particulier, et j’ai trouvé ça pas si mal, bien qu’assez générique dans un style Death Mélodique qui fait la part belle aux sonorités méditerranéennes, un peu comme les collègues de Varathron ou Rotting Christ. Le chanteur, à demi masqué s’en donne à cœur joie, et le son est plutôt bon. La setlist est totalement centrée sur les derniers albums, ce qui ne manquera pas d’agacer les vrais amateurs du groupe.

On reste en Grèce avec les thrashers de Suicidal Angels. En effet, le groupe Massacre a été contraint d’annuler sa participation à la tournée et c’est Suicidal Angels qui les remplacera au pied levé. Un groupe de Death emblématique du début des années 90 remplacé par un groupe de Thrash de festival…assez surprenant, mais il faut bien trouver des solutions parfois. En soit le groupe est plutôt efficace dans son genre, pas si éloigné de Sodom ou de Kreator, mais ça reste un peu trop générique pour vraiment marquer les esprits. En tous cas ils permettent clairement au public de se mettre en chauffe pour le bordel à venir.

Les responsables de ce bordel, c’est évidemment Terrorizer. Un Terrorizer toujours porté par Pete Sandoval et David Vincent, accompagnés de Brian Werner qui s’est principalement distingué au chant dans Vital Remains et du guitariste Richie Brown, issu de I Am Morbid. Le démarrage semble un peu poussif, avec un titre complètement inutile issu de l’album ‘Hordes of Zombies’, et un chanteur caché par un pied de micro décoré d’un vrai faux cadavre et de chaines et plastique. On dira qu’il s’agissait d’un simple échauffement pour le reste du set, consacré au cultissime ‘World Downfall’, joué en intégralité. Et là ça va grinder sévère. Pete Sandoval, 62 ans, maitrise encore ses blasts, et tout le public se déchaine. On peut regretter la posture monolithique de David Vincent, ou encore la faiblesse du son de guitare, mais peu importe, l’album culte prend vie devant nous. Dernière date de la tournée oblige, Brian Werner passera tout son temps à dépiauter ses éléments décoratifs pour les lancer au public. Il reste du temps de jeu ? Très bien, ça sera l’occasion de dépoussiérer les excellents morceaux ‘Crematorium’ et ‘Nightmares’, non sans avoir prononcé un hommage au regretté Jesse Pintado, le créateur du groupe.

Vous reprendrez bien un peu de légende ? Ça tombe bien car c’est au tour des pionniers du Death Metal, Possessed de monter en scène avec l’emblématique Jeff Beccera sur son fauteuil. Rien que ça, ça force le respect. Encore une fois, l’idée est de faire la part belle aux albums cultes. On évacue rapidement deux titres ‘The Eyes of Horror’ et ‘Tribulation’, histoire de dire que le groupe ne se limite pas à un unique album, mais on va pas se mentir, tout le monde est là pour écouter du ‘Seven Churches’ qui fête ses quarante ans ! Et ça sera chose faite dès que résonnent les premières notes de ‘The Exorcist’ et pour le reste du set. On peut se réjouir d’entendre un vrai batteur chez Possessed, mais par contre la présence envahissante de triggers casse un peu la tête, surtout quand on peine à distinguer les guitares, encore une fois. Beccera lui, ne semble vraiment pas limité par son fauteuil, jouant volontiers avec le public et se remue dans tous les sens. Par contre il faut avoir un sacré niveau d’anglais pour distinguer clairement ce qu’il nous raconte entre deux morceaux. Encore une fois, la fosse est totalement réceptive et ça slamme de partout, ce qui sera l’occasion pour certains de checker ou même embrasser le chanteur. Pour l’occasion du dernier morceau, qui signe la fin de la tournée, David Vincent, Brian Werner et Richie Brown sont invités à retourner sur scène pour reprendre tous ensemble le génial ‘Death Metal’ qui conclue Seven Churches. Un grand moment de fête pour célébrer à la fois la fin de la tournée, mais aussi la fin d’une année 2025 assez généreuse en expériences live !

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