QUANTUM DREGZ + les percussions de la Montagne Verte (GZ, Vaux, France, Terre) - 18/7/25

par avatar Dariev Stands

Eh bien voilà, c'est arrivé, c'est donc ça qui arrive quand on va trop à des concerts, enfin disons qu'on persévère suffisamment longtemps pour se trouver au BON endroit et moment. C'est donc comme ça que ça fait, aaaaaah.... C'est ce mélange très troublant et à vrai dire relativement hétérogène entre la quiétude du train-train, des gens, des bruits de la salle et de la playlist des DJettes, et le MOMENT du concert, ce moment où tout est suspendu, où tout le monde est dedans, à vrai dire je crois que pendant ce très cours laps de temps aucun missile n'a été tiré ni sur ce continent ni sur l'autre, coïncidence je ne crois pas, à vrai dire ces deux-moments n'ont pas la même saveur, pas la même fréquence temporelle, à vrai dire le concert et le non-concert sont deux temporalités non-miscibles.

Affiche

Ici me faut souligner la présence d'esprit de mes amies L. et M. qui m'ont un peu éveillé à l'existence de cette date, guère concerné que j'étais par les tribulations des groupes de la GTA de l'Est (Grande.Triple.Alliance de l'Est, nébuleuse de groupes plus ou moins potes que y'en a un qui vient jouer à Lyon tous les mois quasiment)... Bon, voilà, Quantum Dregz, puisqu'il faut lâcher le mot, eh oui, ça existe depuis fin 2024 apparemment, ça joue depuis janvier, on est en juillet, j'ignorais tout de ce nouveau projet de Zad Cokar, de Luca Retraite (membre de Sida) et du batteur Cheb Samir dont j'ignorais carrément l'existence, autant dire que j'étais une espèce de joue humaine qui attendait la claque sur cette caisse claire foudroyée en rafale.

Alors voilà, la journée était assez classique, caniculaire-soft, soirée tiède très agréable, un ciel un peu violet sur les bords, une affiche pas banale où le groupe d'ouverture était un One-woman-show de Stand-up de Clara J. alias Clara G., qui s'appelle "le Red Flag de trop", et qui pour ce que j'en ai vu, tenait un peu du Jun Togawa faussement en roue libre. Du 1er concert de groupe à proprement parler je parlerai peu, Les Percussions de la Montagne Verte sont un excellent groupe d'électronique non-répétitive, qui m'évoque Rien Virgule, mais avec un groove presque hip-hop eu lieu et place des hallucinations ambient, les harangues de Maria Violenza qui fait partie du groupe, le batteur Cheb Samir commun aux deux groupes de ce soir, et des moments absolument trippants de synthés et samples brumeux, secs ou juste bruitistes.

Rien ne nous aura préparé à Quantum Dregz, ni dans cette soirée, ni dans cette vie, ni dans celles d'ailleurs, d'ailleurs. Et donc, ce tout nouveau groupe, beaucoup n'en ont pas entendu parler, mais tout de même on sent un frémissement, sur internet après coup oui, mais sur le moment uniquement dans la salle, tiens c'est plus rempli encore que pour les deux premiers spectacles, toute une foule d'âges et looks mélangés, pas mal de teufeurs-punkach' finalement, une moyenne plus jeune que dans les concerts de punks ou même de rock indé. Un large cercle mi-enjoué mi-interloqué se forme autour des 3 Quantum Dregz, un son de synthé minuscule est émis, batterie remontée à bloc de Samir, ça commence, tourneur-fraiseur sur ces rythmes décidément instinctivement groovy de ce fou-fourax, capable d'un martèlement pas disruptif pour un sou, mais juste pourvoyeur d'électrochocs dans le bulbe rachidien. Ok, euh, super cool, deuxième morceau, oulà, mais c'est que ça va droit au but cette chose, on en a pas fini avec la No-wave, enfin pas le temps de penser plus que ça, déjà le 3ème brûlot "synthpunk" parce qu'il faut bien foutre un putain de genre musical quand on écrit, et là CHAUD FROID CONSTANT GRÊLONS DE FEU, BRASEROS DE GLACE perlée, une respiration machinique de vieille carosserie disloquée de chez Wacky Races (Hanna Barbera), alias les Fous du Volant, mais plus cartoon du tout, juste sordide pulsion d'enfance et là comment dire, euh, à la fin du 3ème morceau on a compris que c'est donc ça. C'est ça qu'ont ressenti, par exemple les punks désabusés de 1989 quand ils ont assisté à l'éclosion, encore un peu pâteuse du jus de placenta, de Nirvana époque Bleach.

C'est donc comme ça, que ça fait.

En gros, "Dance On" de Prince. Déjà, faites vous une idée, représentez vous "Dance On" de Prince, mais juste en No-wave, voilà. En beaucoup plus simple, raide et quand même moins funky, avec un son abrasif à la DNA. Et en guise de ""riffs"" ou de """motifs""", juste le son de meuleuse du break de "Eisbear" de Grauzone, sur lequel Zad Cokar scande irresponsablement comme une sorte de Sun Araw sous speed, voilà, rien d'autre, RIEN. Pas de sucre, pas de sel, pas de umami, que d'alle, pain rassi au cambouis et tu aimes ça, tu aimes ça même mieux que à peu près l'intégralité des autres concerts jamais vus.

Les gens ne réalisent pas vraiment que ce qui sort des enceintes est trop beau pour être vrai, enfin ils s'en foutent, il ya ceux qui giguent, ondulent et esquivent ces vagues de son de mécanique alien punk, il y a ceux qui checkent leur smartphone (moins de 3 sur 250, dans toute la salle, barmaids comprises) l'air de rien, comme pour atténuer le choc, certains savent, ils ont compris, ils prennent l'air de rien, les gens sont têtus, ils ne veulent pas être bousculés... ILS sont parmi nous pourtant, ou nous parmi eux. Certains rentrent EN SOI, c'est le cas de votre serviteur, comme dans chaque moment de Nirvana scénique, c'est encore l'introspection, oreilles ouvertes, qui permet le mieux de percevoir la densité de ce qui nous arrive, car Quantum Dregz, c'est très dense, très ramassé, très intense. Pas de refrains, peu de mélodies, à part une sorte d'interlude ambient poissonneux au milieu qui semble être l'indispensable moment de creux, même si après j'ai réalisé que c'était probablement la reprise du thème du Temple de l'Eau de Zelda Ocarina Of Time, que je n'ai pas reconnu. La reprise de l'assaut n'en est que plus punitive, une violence de vie, un déchaînement d'étrangeté, non-humanoïde, cyberpunkach', ALIEN ou juste normal-phobe, mutation-synth irréversible, le cerveau du pauvre chroniqueur est retourné pour l'éternité, groupe favori instantané depuis le 1er tiers du 3ème morceau joué, donc.

En avant dernier titre, une chose innomable appelée "Gurduyld Beyt" un truc comme ça, c'est sur leur album-K7, comme toute la setlist parait-il, mais j'avoue qu'une K7 aura du mal à retrouver la transe saccadée allumée par cette batterie d'un spasmodique terminal, fracas extatique dépassant tout ce qui est concevable, au-delà de Neptune, au-delà de This Heat, dans un présent ramassé en 2min30 derrière lesquelles rien ne repousse, en mode Smells Like Teen Spirit dans ta face en 1991. ça groove, ça décrasse, ça remet les idées en place. 20 ans de noise rock content-de-ses-effets et de punk blasant pas inspiré annulés et expédiés au rang des petites scories nécessaires de la vie...

La magie s'arrête comme elle avait commencé, très très très vite. PUNK. Big up aussi à celle qui m'a prêté 10 balles pour que je ne reparte pas sans cette fichue K7, parce qu'il faudra bien expliquer, là-bas, au commissariat, que ON LES A VUS, oui, avant que le préfet envoie des agents prendre des mesures faire un constat enterrer l'affaire calmer les esprits calmez vous monsieur mais oui on sait ils étaient là - maintenant rentrez chez vous et le mec leur montre l'herbe qui ne repousse plus mais ça ne fait rien ils finissent leur journée et le mec finit sa vie seul et incompris et 60 ans après ça fait un film au ciné tout lisse et violet en forme de carte postale et personne n'y accorde plus de crédit que ça, c'était sa parole contre le silence du monde, MAIS Quantum Dregz, j'ai la K7, haha, on est en juillet 2025, tas de mécréants.

Style
punk
Publié
Mis à jour

Si vous étiez membre, vous pourriez réagir à cet article sur notre forum : devenez membre