
vendredi 24 mai 2013 | 25 visiteurs (dont 1 membre) connectés en ce moment
Vous êtes ici › Les groupes / artistes › W › Whitehouse › Birthdeath Experience

William Bennett, Paul Reuter
Que les choses soient claires : le genre humain n’a jamais eu besoin de fauteurs de troubles pour survivre. S’organiser, manger et proliférer sont les conditions sine qua non à l’instauration d’une société ; rien de plus. Seulement l’humain se doit de devenir homme, se doit de se remettre en question, par égard à l’intelligence qui lui a été conférée (prenons « lui » comme le Dieu spinoziste). Et l’humain qui réfléchit va bien vite réaliser que l’aliénation de masse dessert sa propre quête, et inversement, et que l’Ordre sera toujours là pour remettre les brebis dans le troupeau. Arrivent alors ces fauteurs de troubles, pour n’en citer que quelques-uns : Spinoza, Nietzsche, Caraco parmi tant d’autres qui n’auront de cesse de remettre à plat l’évidence sociale pour proposer (ou non) une alternative individuelle... Car le mouton a besoin d’un bon coup de pied pour se réveiller. Pour revenir à Whitehouse (dont le nom vient de Mary Whitehouse, militante chrétienne ultra conservatrice de cette même époque), il fut une Angleterre noire des années 70 qui vit la naissance de Throbbing Ghristle, formation culte qui était à la musique ce que le punk était au mainstream : un crachat dans la gueule. Comme n’importe quelle révolution (dans le sens large du terme) celle-ci s’estompe ou s’élargit (TG se scindera en Coil, Chris and Cosey et Psychic TV) en laissant place à un vaste champ encore brûlant. Mais la cendre n’est-elle pas un des meilleurs terreaux ? Alors que la plupart des artistes industriels délaissent leur haine viscérale pour des expérimentations diverses, William Bennett pousse le bouchon encore plus loin pour perfectionner l’anti-musique, celle que personne n’aurait du entendre, remplie de haine, injectée de tout ce qui peut choquer, gêner, traumatiser (musique bruitiste, hautes fréquences, imagerie sexuelle, totalitaire ou perverse) dans un cocktail empoisonné qui donnera notamment naissance à la scène noise et ses dérivés. Que veut William Bennett à travers ses pamphlets stridents, hurlés et réverbérés réalisés avec les moyens du bord : deux synthés, une pédale réverb et un générateur de fréquence ? Le contrôle. L’asservissement. Et bien sûr le doute. Car dans cette poisseuse agression totalitaire, tout doit se lire à travers les lignes. Qu’attendez-vous de votre vie ? Qu’attendez-vous de la musique ? Pourquoi laissez-vous ce disque vous faire souffrir ? A la différence du punk, Whitehouse distille toute l’oppression sociale pour vous l’injecter pure et directement dans les oreilles. C’est une purge douloureuse, une lobotomie sans anesthésie, c’est Alex devant les images d’archives nazies sur fond de Beethoven. Paradoxalement, un vrai sous-genre musical en est sorti (le power electronics donc, dont l’appellation apparaîtra sur « Psychopathia Sexualis » en 1982) et le groupe a permis à la scène noise de se développer considérablement. Mais malgré nombre de formations présentes sur celle-ci aujourd’hui, peu sont celles qui peuvent prétendre à la même sincérité sur scène comme sur support audio. Du haut de son grand âge, « Birthdeath Experience » n’a pas vieilli, ni sur le fond, ni dans la forme. (jeudi 12 juillet 2007)
note
Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Birthdeath Experience".
Note moyenne : 8 votes
Vous devez être membre pour ajouter une note ou un commentaire sur "Birthdeath Experience".
Perso je trouve cela très moyen... Mais bon, je ne suis pas un grand fan du groupe non plus. Ceci dit, il est vrai que pour l'époque...
Chef d'oeuvre.
Argh ! Tu as raison. J'ai corrigé d'une manière à arranger tout le monde.
la date de la chro, faut la changer aussi, du coup ;)
Faut que je mette la chronique à jour, il a maintenant 31 ans... vita brevis