Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesVViktor Vaughn › Vaudeville villain

Viktor Vaughn › Vaudeville villain

17 titres - 56:31 min

  • 1/ Overture - 2/ Vaudeville Villain ° - 3/ Lickupon • - 4/ The Drop § - 5/ Lactose and Lecithin • - 6/ A Dead Mouse ° - 7/ Open Mic Nite pt. 1 feat. Lord Sear, Benn Grimm as Brother Sambuca, Rodan as Dr. Moreau, and Louis Logic as himself ° - 8/ RaeDawn • - 9/ Can I Watch? feat. Apani B. Fly Emcee as Nikki ° - 10/ Saliva + - 11/ A Modern Day Mugging • - 12/ Open Mic Nite pt. 2 feat. Lord Sear, Creature, and Hydro ° - 13/ Never Dead feat. M. Sayyid as Curtis Strifer • - 14/ PopSnot § - 15/ Mr. Clean ° - 16/ G.M.C. § - 17/ Change the Beat (hidden track) §

enregistrement

• ° Produced by King Honey. • § Produced by Max Bill. • • Produced by Heat Sensor. • + Produced by RJD2 - Ingé-son : N. Gosman Producteurs exécutifs : A. Threadgold , D. Dumile , N. Gosman Masterisé par Mark Einstmann Mixé par : King Honey (tracks: A2, B1, D3) , N. Gosman (tracks: B3, C1, C3)

line up

Rjd2, MF Doom/V.V. (Mcing, samples de voix), Louis Logic, Kurious, Apani, Lord Sear, and Creature (guest lyricists)

chronique

Styles principaux
hip-hop
Styles personnels
underground > abstract hip-hop

Qui se cache derrière cet étrange Viktor Vaughn qui ne fait que des albums en « V » aux pochettes grises ? Il ne s’agit pas d’un producteur fou, ou encore moins d’un alias de RZA du Wu-Tang Clan. Non, il s’agit simplement d’une des multiples incarnations de Metalface Doom, alias Daniel Dumile devenu Viktor Vaughn le temps de deux albums sortis en moins de trois mois d’intervalle ! Ici, on a affaire à un scientifique zimbabwéen schizophrène qui voyage dans le temps (tu parles), et qui se retrouve coincé au début des 90’s, obligé de participer a des battles de mc pour revenir à son époque : Viktor Vaughn. En hommage au célèbre méchant de comics marvel Dr Victor Von Doom bien sur, pour lequel notre sujet semble développer une obsession totale. Pas mal de chansons sur cet album commencent par des samples du dessin animé des Fantastic Four, et donc par des répliques du Dr Doom… Quand ce n’est pas un "All mankind should pay for this !" en ouverture de Never Dead qui nous rappelle l’autre raison pour laquelle Dumile a la rage : le décès de son frère Subroc en 93, pile dix ans avant ce disque tiens ! Car MF Doom veut sa revanche sur la vie… C’est bien cela qui a fait sa légende, et qui lui fournit le moteur pour enquiller des disques a une telle vitesse. Vaudeville Villain sort a peine 2 mois après l’album de King Geedorah, chroniqué dans ces colonnes, qui était une sorte de come-back déguisé depuis Operation Doomsday… C’était en fait le point de départ d’un accès de frénésie créatrice qui continuera l’année suivante... Mais si MF Doom a su enchaîner a un rythme si effréné en 2003, c’est aussi parce qu’il n’apparaît qu’en tant que MC sur ce disque. Ce qui lui permet de balancer quantité de lyrics superfétatoires avec un débit strictement monotone du début jusqu’à la fin, sa marque de fabrique… Une voix éteinte, anthracite, ni noire ni blanche. Mais un flow toujours sur le qui-vive. On sent le mec à qui on ne la fait pas. Chacun de ses projets ayant un concept et un but bien précis, celui-ci exploite donc l’idée de rapper sur des instrus d’autres producteurs, ce qui signifie : avec un détachement morbide, froid, sans couplet ni refrain, ni intro. Parfois comparé à Kool Keith, Doom est ici plutôt proche du Wu-Tang de par la rugosité du son. Un album de hip-hop pur et sans fioritures, en somme. Ce qui fait d’autant plus ressortir le funky Saliva, produit par RJD2, a l’instru digne d’un tube post-mortem de 2Pac, ou encore Mr. Clean, single bizarroïde, les deux morceaux uptempo du skeud. Le reste n’est que beats abstract et sons electro angoissants (façonnés par l’équipe du label Sound Ink), qui trouvent leur apogée sur les 3 minutes de bruits d’orage sur le final Change the beat. Le décor est planté… On est dans le quotidien le plus suburbain et le plus banal. Change the beat, pour égayer cela, propose comme son nom l’indique, pas moins de 5 boucles dans le même morceau ! Et ce n’est pas fini, il y a aussi les merveilles que sont Lickupon et A Dead Mouse, sans oublier les featurings, imparables. Encore une fois, le concept sert vraiment à quelque chose : mettre en avant des noms peu connus, tels ce Sayyid (ex anti-pop consortium, pas vraiment une star) ou encore Apani B (des Polyrythm Addicts), géniale sur Let Me Watch, une troublante saynète de hip-hop romantique, amère et émouvante, au texte criant de vérité… Une histoire d’A qui finit mal, mais qui reste un îlot de sensibilité dans un univers inhospitalier. En effet, les invités de Viktor Vaughn se plient au concept : ils endossent une fausse identité le temps d’un morceau, et redoublent d’agressivité comme s’ils « clashaient » l’ex-KMD, quand ce n’est pas carrément un fausse soirée scène ouverte qui est mis en scène sur les morceaux Open Mic Party I & II, où des clichés récurrents du rap sont parodiés avant d’être explosés par l’arrivée de Doom. Un disque difficile d’accès en somme, mais difficilement détrônable dans un créneau « raw hip-hop » basé sur le flow et les lyrics... Un manifeste de plus pour le hip-hop, riche à n’en plus finir, proche parfois de Prefuse 73 ; et un indispensable de plus pour MF Doom. Monolithique. (dimanche 20 mai 2007)

note       

Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...

  • Non-Prophets › Hope
    Non-Prophets - Hope
    Même style d’instrus que « A Dead Mouse » : orientalisants, psychédéliques et noirs

ajoutez des tags sur : "Vaudeville villain"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Vaudeville villain".

ajoutez une note sur : "Vaudeville villain"

Note moyenne :        14 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Vaudeville villain".

ajoutez un commentaire sur : "Vaudeville villain"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Vaudeville villain".

varg › mercredi 7 septembre 2011 - 22:08  message privé !

le truc c'est que Dälek est un monolithe, tellement massif (au propre comme au figuré) que tout ne peut être que "léger" à côté. MF Doom, c'est inégal, et c'est volontaire, c'est le rollercoaster permanent, son univers n'est pas sombre même si bien barré. ça mérite de creuser un peu.

Twilight › mercredi 7 septembre 2011 - 00:44  message privé !
avatar

J'ai écouté MF Doom sur les conseils d'un pote fan de rap...Très déçu, en dehors de l'attitude du mec, plutôt géniale, j'ai trouvé ça léger. Je m'attendais à une sorte de Dalek...J'ignore ce qu'il en est du style de celui-ci ?

Reflection › vendredi 13 février 2009 - 00:02  message privé !

Merci Damo ;) Plus electro, oui pourquoi pas, j'aime les trucs assez "Roots" en hip hop mais bon aprés connaissant le bonhomme ça ne put qu'être (au moins) bon ! Sinon domage pour les special herbs, on m'en avait dis du bien. Je verais bien... En tout cas si vous avez d'autres albums dans le style je suis preneur :)

Note donnée au disque :       
Damodafoca › jeudi 12 février 2009 - 23:27  message privé !

Plus electronique je crois.... Enfin il est carrément bien. Par contre, les special herbs, clairement reservé aux fans. En fait c'est des compils d'instrus. Pas d'inédit.

Note donnée au disque :       
Reflection › jeudi 12 février 2009 - 20:16  message privé !

Est-ce que "Venomous Villain", autre album de Mf doom sous le pseudo Viktor vaughn, est du même acabit ? Parce que j'aime de plus en plus cet album... Ha oui et quelqu'un a écouté le "Special Herbs: The Box Set", ça a l'air bien alléchant...

Note donnée au disque :