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Mike Oldfield › Incantations

4 titres - 72:44 min

  • Incantations I| 19:08
  • Incantations II| 19:36
  • Incantations III| 16:58
  • Incantations IV| 17:01

line up

Pierre Moerlen (percussions et vibraphones sur la partie IV), Mike Oldfiel (guitares acoustiques et électriques, basse, keyboards, synthétiseur et percussions), David Bedford (arrangements orchestraux et choeurs), Terry Oldfield (flûte), Sebastian Bell (flûte), Jabula (percussions africaines), Mike Laird (trompette), Sally Oldfield (voix), Maddy Pryor (voix), The Queens College Girls Choir

chronique

Styles principaux
progressif
Styles personnels
progressif minimalisme

Avant de plonger dans le cœur d’Incantations, il serait opportun de faire un bref survol des évènements qui ont influés l’amorce de la carrière de Mike Oldfield. Après le méga succès planétaire Tubular Bells, paru en 1973, le jeune surdoué fait face à une pression médiatique équivalent à son succès. Très timide et trop introverti Oldfield vivra ce succès difficilement. Des années difficiles où la gloire le force à donner des spectacles et des entrevues; l’enfer pour un solitaire à l’âme fermé. Après Ommadawn, en 1976, le jeune guitariste n’en peut plus et pète les plombs. Dans un état dépressif fort avancé et très inquiétant pour ses proches, il rejoint, sur les recommandations de sa sœur, une secte de l'esprit scientologue; Exegesis. Il y épouse la fille du gourou, en divorce près de 5 mois plus tard et revient à Througham, endroit où il avait enregistré Ommadawn, pour travailler sur Incantations. Oldfield voit un petit orchestre de chambre pour ce nouvel album et estime que c’est l’endroit idéal pour accueillir autant de musiciens. C’est entre ses séances de thérapie que les premières sessions d’Incantations se font. La thérapie a profondément changé Oldfield, l’homme et l’artiste. Sur la pochette d’Incantations nous trouvons un Mike Oldfield plus frais, plus serein, comparativement à la photo sur Ommadawn où en pouvait sentir la névrose aux travers la luminescence exagérée de son regard. Composé de 4 merveilleux segments minimalistes, Incantations est l’un des meilleurs de Mike Oldfield. Pour moi, c’est sa plus belle oeuvre et elle fait partie de mon top 10, à vie. Est-ce la pochette qui projette un monde paradisiaque? Ou Oldfield qui imbibe son œuvre de mouvements ondulatoires? Toujours est-il que j’ai toujours associé Incantations à une œuvre qui se ressource auprès de l’eau. Un rencontre entre les esprits païens et des esprits naïfs qui ne voient que beauté partout, tant cet album transcende l’innocence d’un tiraillement solitaire. Comme si Mike Oldfield nous créait une œuvre à chacun de nous. Lorsque l’ouverture de la partie 1 se fait, je suis saisi par ces chœurs que se relayent en crescendo, sous une vague de cymbales et des strates violonnées qui nous redressent les émotions et pigmentent notre peau d’une ondée de chair de poules. Sur une mélodie thématique qui coule à coup des vaguelettes ourlées, la guitare prend la relève et sculpte ses notes, au travers le mouvement minimalisme qui envoûte en arrière-plan. Comme sur toutes les parties dans Incantations, le mouvement a plusieurs variances et évolue parmi des instruments à vents et/ou symphonique. Ici c’est la trompette qui s’insère et déroules les vagues symphoniques avec torrent. De beaux moments où la flûte danse avec le vent sur des mouvements qui s’entrelacent aux sons des trompettes célestes. Le tourbillon qui s’ensuit nous guide vers une finale hypnotique et captivante, où des chœurs percent le vent, la flûte pour s’asseoir auprès d’un feu céleste et claquer des mains, sous les riffs ricochant de la six-cordes à Mike Oldfield. Une sublime flûte coule sur une ondée verticale, comme les vagues sous une forte bise. Harmonieux, tendre et passionné Incantations 2 transpire encore des ardeurs paranoïdes de Hergestridge. Après ce léger tourbillon, une quiétude s’installe où la six-cordes d’Oldfield nous charme de ses chants et accords langoureux sur un vent éthéré, issu d’un archet qui saccade légèrement les cordes d’un violon. Avec les chœurs, l’effet est spirituel et flottant alors que le rythme dévie sur des percussions tribales et la magnifique voix de Maddy Prior qui interprète un poème de Henry Longfellow; The Song of Hiawatha. Un mouvement minimalisme fort envoûtant. Incantations 3 démarre en trombe avec de gros arrangements orchestraux que la guitare de Mike Oldfield triture, pour dévier le mouvement sur un rythme plus fluide. Percussions tropicales, sur un rythme des îles et un synthé mellotronné aux vents chauds. Cette 3ième partie est entre la douceur et le chaos, chaque opposé se croisant sur une guitare moulante qui défile et glisse en une fine harmonie. L’impulsion se modifie et cette 3ième partie reprend des bribes d’harmonies et de mélodies qui ponctuent Incantations, sur une musique plus lourde où les riffs s’accordent dans un maelstrom qui trouve sa noblesse avec une avec un volume plus haut. Pour certains, c’est la seule faiblesse d’Incantations. La finale débute avec un soyeux piano qui nous charme avec une mélodie romanesque, suivie d’un magnifique vibraphone qui donne naissance à un beau remous carillonné, dont les notes s’entrelacent et dansent dans une forêt enchantée que la guitare nourrie à son tour. Une belle flûte aigue vient couper les amarres de cette superbe fresque, en amenant un rythme plus agressif sur de superbes solos qui déchirent l’âme. Les percussions indiennes résonnent sur une guitare que seul Oldfield peut faire aussi tranchante, sur un rythme désordonné annonçant la fin d’Incantations. Et c’est dans la divine voix de Maddy Prior, accompagnée de percussions indiennes, que ce termine ce chef d’oeuvre de musique minimalisme, qui a chamboulé tant d’émotions que d’émotifs. En ce qui me concerne, la trilogie sacrée de Mike Oldfield, et là je sens que je vais créer tout un débat, commence avec Hergestridge, se poursuit avec Ommadawn et se conclût avec Incantations. Je ne voit aucun lien, sauf la vision culturelle qui unit TB à Hergestridge, ni Ommadawn qui eux en ont beaucoup avec Incantations. (dimanche 4 mars 2007)

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Traummadawn › lundi 19 août 2013 - 09:09  message privé !

Phaedream, à mon tour de louper ta réponse avec le Top 10 ! Merci bien, je constate qu'Ommadawn y était. Si tu fais ton top 25, je suis preneur. ;)

Amarok, j'ai toujours eu un souci pour apprivoiser Incantations. Dans le détail c'est splendide, dans l'ensemble c'est ouf ! La solution parfaite se trouve pour moi dans la version Exposed...

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Amarok › mercredi 22 mai 2013 - 00:08  message privé !

J'ai longtemps placé cet opus en tête des disques d'Oldfield... notamment le final éblouissant

J'en suis revenu, pour une raison toute simple, la longueur. Autant ces thèmes étirés apportent beaucoup de profondeur dans la construction, autant 4*20 minutes en fait trop... j'ai un peu l'impression qu'il s'est enfermé dans la volonté absolu de faire des morceaux longs quitte à en perdre de la lisibilité...

Ceci dit, il reste bon et je l'écoute toujours avec plaisir :)

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Phaedream › dimanche 24 juin 2012 - 15:31  message privé !
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Désolé Traumma, je n'avais pas vu ton message. Lorsque je suis arrivé chez GOD , mon Top 10 était Incantations, Black Dance, Phaedrea, Occitania (Jean Pierre Thanes), Silk Road IV (Kitaro), Body Love, Ommadawn, Stratosfear, Oxygene et Moondawn. Ça changé depuis le temps, car j'en ai mangé de la MÉ. Aujourd'hui il faudrait ajouter 1 Gert Emmens, 2 PPM, des Redshift, Ian Boddy, Arc et Ramp, ainsi qu'un Robert Fox (C'est beau mais trop doux pour GOD:-)). Moral!? Il me faudrait un Top 25 :D

Phaedream › dimanche 24 juin 2012 - 15:22  message privé !
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J'ai mis la main sur le remastered Special Edition de Mercury. WoW! C'est encore plus beau. Les outtakes sont superbes et nous aide à mieux cerner Incantations alors que le remastering rend toute la justice à cette oeuvre qui ne pouvait qu'étouffer avec les méthodes d'enregistrements de l'époque. Quand au DVD il est bien, sans plus et démontre une version plus coinviviale que sur Exposed.

aur › vendredi 21 mai 2010 - 12:53  message privé !

Avis aux amateurs d'Oldfield fin 70's, écoutez les albums du Pierre Moerlen's Gong : Downwind, Time is the Key, & Leave it Open.

Pierre, batteur du Gong, est un maître des percus mélodiques. Son père était le maître de l'orgue de la cathédrale de Strasbourg.

Il a joué des percus sur la version live de tubular bells en 1973, et il est devenu un des collaborateurs privilégiés d'Oldfield.

On retrouve d’ailleurs Mike, producteur de DownWind, à la guitare, et en état de grâce sur la plage titre : « DownWind ».

Ecoutez aussi les albums du bassiste multi-instrumentiste finnois Pekka Pohjola, avec Moerlen et Oldfield !

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