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Hint › Product topology

  • 1996 - Pandemonium, Limitée à 500 ex. (1 lp (vinyle))

8 titres - 41:11 min

  • 1/The hap in tenebris (there is no America mix)
  • 2/My second hand (one handed billard player mix)
  • 3/Eyes in axis (sorry for being late mix)
  • 4/Mathematician's love letter (underwater mix)
  • 5/100% white puzzle (K2 mix)
  • 6/Eyes in axis (diamond is carbon mix)
  • 7/Foetus in tenebris (claustrophobic mix)
  • 8/Eyes in axis (diaphonic interferences mix)

extraits audio

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enregistrement

Enregistré par Hint et Pascal Ianigro au studio Karma, France, novembre 1995-février 1996.

line up

Hervé Thomas et Arnaud Fournier (tous instruments et voix), Pascal Ianigro (production, déconstruction) ; guests remixeurs : La Cellule (sur 4), Lunar Horizon (sur 7).

remarques

LP 12"
Sous-titre : deconstruction and reconstruction of "100% white puzzle" tracks. Vinyle blanc+insert type papier calque limitée à 500 exemplaires.

chronique

C'est un doux euphémisme que de considérer ce vinyle de Hint comme le Graal de la musique expérimentale française des 90s. Tiré à 500 pièces à l'origine (bien qu'il y ait des doutes sur la pleine distribution de l'intégralité du pressage), cet album de "remixes" passé presque inaperçu au point que tout le monde s'empresse d'en dégotter en vain un exemplaire représente une apogée dans la courte mais intense carrière du duo angevin. Apogée, pour ne pas dire aboutissement éclairé et vibrant, illuminé par ce qu'on apelle plus communément un éclair de génie. Epaulés par l'un des producteurs phare la scène alternative/expérimentale et assistés de compagnons de routes, Hervé Thomas et Arnaud Fournier décident de "déconstruire" leur premier album, "100% white puzzle", paru chez feu-Black & Noir. Et on peut dire qu'ils ne font pas les choses à moitié, puisque de l'original ne subsistent que de rares empreintes (séquences, thèmes, riffs) certes reconnaissables mais au final transcendées par cette nouvelle approche. L'essence-même de Hint, la volonté de se démarquer de toute étiquette tangible tout en osant les références et les influences (Zorn pour le saxo par exemple) est diffusée sur chaque pièce "déconstruite" ici. Un feeling ambient, presque rituel parfois ("My second hand", "Eyes in axis-diamond is carbon mix"), trip-hop industriel mâtiné de séquences ethniques du plus bel effet ("Foetus in tenebris-claustrophobix mix), rock noise habité ("Eyes in axis-diaphonic interferences mix" ou Sonic Youth sous trip) et la liste pourrait être encore longue tant "Product topology" se situe à la croisée de nombreuses familles musicales. Ainsi l'appellation de "remixes" en devient complètement inutile, voire ridicule. Hint repense et restitue son propre univers malade et claustrophobique en ouvrant une fenêtre sur une approche macroscopique du monde. On en rêverait presque de documentaires du National Geographic sonorisés par cet incroyable duo qui vient de se reformer pour produire l'accompagnement sonore d'un roman français. Un disque vraiment hors du temps, immensément riche, poétique, expérimental dans tous les sens du terme (remise en "cause" de l'oeuvre personelle, ouverture sur de nouveaux champs d'expérimentations) et définitivement la meilleure oeuvre de Hint. Une pièce de collection de par son extrême rareté, mais par-dessus tout un joyau inépuisable.

note       Publiée le mardi 23 janvier 2007

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Raven › vendredi 13 novembre 2015 - 05:48  message privé !  Raven est en ligne !
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"c'est d'ailleurs là que j'ai découvert le premier tube du groupe, donc vive les séries B et les docu animaliers", ahah pas mieux, Unfinished Stone, contrôle rembobinage-pause.

Dioneo › jeudi 12 novembre 2015 - 23:06  message privé !
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Non mais encore une fois... J'ai vraiment dû écouter des centaines de fois Protection et je ne le renie pas hein, même si à force il s'est usé, pour moi (en plus oui... il s'agissait probablement d'une des pistes intrus avec Armstrong, et/ou une des plus "boîte de nuit-friendly", genre Sly, avec Nicolette - titre que d'ailleurs j'appréciais aussi, tiens). Et oui, donc, les Tobadors - j'aime également, pour ma part - avaient forcément un regard particulier là-dessus (que je trouve très recevable, même si évidemment en faire une autre charte indiscutable sur tous les points serait aussi con que l'inverse symétrique)... Et oui, y'a bien d'autres trucs trip-hop qui auraient mérité/méritent plus la remarque que celui-là, y'a qu'à écumer les compiles qu'on a pu garder/trouver dans les bacs à solde, de l'époque (les Headz 1 et 2 de Mo'Wax... Comment "on" a pu trouver ça aussi unanimement génial, sur le coup ?!). À leur décharge... Je ne suis vraiment pas sûr que les Toulousains connaissaient le groupe, l'écoute a très bien pu être réellement "en aveugle". (Et donc... Suis même pas certain qu'il s'agissait d'eux...).

Et ouais, ça marche aussi pour une chiée de choses postrock. Ou plein de bidules "indy" des mêmes années, qu'alors on a pu trouver ultra audacieux parce que justement, ils allaient taper dans l'électronique du trip-hop... Sûrement pas mal de choses là-dedans qu'on entend plus que comme de la pop un peu tiède, d'ici.

(N°6) › jeudi 12 novembre 2015 - 22:49  message privé !
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Ah ouais, Les Fabulous Trobadors… Dur… Enfin c'est pas sympa pour MA, même si le trip-hop est bien devenu rapidement une musique d'ameublement pour bar lounge. Mais bon, pourquoi pas (j'ai rien contre les bars lounge, si ce n'est le prix des consos, c'est une autre forme d'étrangeté sociale), et puis eux-même ne sont jamais tombés là-dedans d'ailleurs, c'est bien les derniers qu'on pourrait accuser de ce travers. Ouais bon sur Protection y avait bien Craig Armstrong, d'accord, mais enfin… Le post-rock correspond vachement plus à l'accusation en fait. La preuve, Mogwai a illustré un docu muet (forcément) sur Zidane.

Dioneo › jeudi 12 novembre 2015 - 22:37  message privé !
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Impossible de me rappeler qui avait dit ça avec certitude, pour le Massive animalier... Suis certain qu'il s'agissait d'un morceau de Protection, ceci-dit, et j'écoutais/aimais beaucoup ce disque, hein. (C'était peut-être bien Ange B des Fabulous Trobadors mais je ne suis pas du tout sûr, pour l'interview... Si c'est celle-là, je me souviens qu'ils avaient - lui et Claude Sicre, l'autre mec du groupe, qui écrivait les textes alors que l'Ange faisait surtout la musique - des opinions et sorties souvent assez tranchées, qui me paraissaient parfois même un peu péremptoires... Mais ils disaient pas mal de trucs qui m'avaient semblé très pertinents et intéressants, aussi... C'étaient parfois les deux, pour un même propos, comme impressions).

(N°6) › jeudi 12 novembre 2015 - 22:30  message privé !
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"pourrait être collé à un film pas très bon qui évoquerait ces années là vingt ans plus tard"

Non mais ça c'est pas documentaire animalier, c'est Sliver. Quoique, Sharon & un des frêres Baldwin, c'était très animalier aussi, sur fond de Massive Attack (c'est d'ailleurs là que j'ai découvert le premier tube du groupe, donc vive les séries B et les docu animaliers).