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Enregistré entre Mai et Septembre 1980 à à Hambühren, Allemagne. Enregistrement sur DVD du concert de Klaus Schulzr au festival de Ars Electronica de 1980, à Linz, Australie
Klaus Schulze: Keyboards, synthétiseur & FX Fred Severloh: Batterie sur Death of an Analogue Tommy Betzler: Percussions sur Linzer Stahlsinfonie
Après le sublime Live, qui annonçait un changement incertain dans la musique de Schulze, la marche était haute pour recevoir Dig It. Je me souviens encore de mon étonnement quand j’ai entendu Death Of An Analogue la première fois. Ouf….j’étais un peu désorienté. La sonorité chaude et humaine de Schulze faisait place à un univers métallique, froid et peu communicatif. Mais, après quelques écoutes, les choses se sont replacés. Car digital ou analogue, un génie reste toujours génial. Un lourd souffle pesant étire son haleine sur un son d’orgue métallique, aux effluves violonés sur cordes d’acier. L’univers métallurgique de Dig It nous plonge dans une atmosphère industrielle lente et martelante avec Death of an Analogue qui nous annonce musicalement la mort de l’analogue. Le rythme est lent et flotte sur des percussions lourdes, accouplées à des magnifiques tablas roulants. Étonné, on se laisse guidé par un mouvement envoûtant qui dégage une sensation d’irréalisme avec ses voix à peine audibles, sortant des entrailles d’une machine à compresser l’analogue. Weird Caravan est à couper le souffle. Un rythme lourd et agile sur un tempo funky. C’est doute le seul reggae industriel électronique que j’ai entendu. L’intro de The Looper Isn't A Hooker combine atmosphère aux sonorités industrielles. Des percussions très claires, voire métalliques inondent l’aire sur un synthé aux lignes basses et aux striures stridentes. Moins funky que Weird Caravan, c’est un titre aux mêmes dimensions mais avec une sonorité moins accessible. Ceci étant dit, il n’y a évidement aucune approche commerciale sur aucune des pièces de Dig It. C’est une œuvre innovatrice aux délires numériques, comme en témoigne Synthasy. Atmosphérique accouplé aux souffles d’un acier trempé, l’intro est secoué des percussions isolés aux grondements intempestifs. La ligne de synthé flotte, tout en se consume d’un feu ardent, arrachant des faibles lamentations oniriques qui s’étirent dans une froideur sibérienne. Le jeu des tonalités de Schulze tempère l’ambiance jusqu’à ce que le mouvement s’anime avec l’arrivée des percussions et les souffles d’un paquebot pris dans un désert de glace. Grincheux, le synthé tournoie ses lignes placidement, au milieu des souffles divers et des percussions glaneuses qui n’inspirent pas le tempo. Un titre cadavérique qui est froid…comme la mort. Esoteric Goody va assez bien dans la conjoncture de Dig It. Bien plus expérimental que musical, c’est un long souffle, empêtré de soubresauts statiques, qui rehausse le charme de Synthasy. Cette ré édition serait très banale sans la présence du DVD qui est le témoin d’une performance époustouflante de Schulze au festival de Ars Electronica. Superbe pièce d’anthologie, on y voit Schulze interprété un long titre dans la croisée de l’analogue au digital. Si l’intro est insupportablement froide, dans un tintamarre de bruits industriels, le cœur du mouvement est suave et coule avec harmonie sur de superbes solos et de beaux mouvements de synthé enveloppant et délirant. Un titre polyrythmique qui tourbillonne dans un écrin de percussions saisissantes, comme dans la beauté des synthés aux arrangements suaves, il est aux antipodes de son lieu d’interprétation. Loin des froideurs numériques, on sent la chaleur des dernières palpitations analogiques, pas tant dans l’instrumentation que dans l’âme bohème et rebelle de Schulze. Les images sont de bonnes qualités et alternent sur des fontes, des sépias négatives, des larves et flammèches des métaux travaillés. Dig It est une œuvre complexe qui demande plus d’attention, plus d’écoute pour saisir toute la dimension harmonieuse qui se cache sous ses ions d’acier. Derrière ses délires industriels très avant-gardistes, Schulze ne réussit pas à numériser ses créations, ni sa passion. Faisant de Dig It, une formidable introduction au monde froid de la musique numérique. (samedi 18 novembre 2006)
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Si "Esoteric Goody" avait figuré sur le vynil originel, je n'aurais peut-être pas décroché du travail de Klaus Schulze au début des années 80 (après l'album suivant il est vrai)... 3/6 pour l'album, 5/6 pour "Esoteric Goody", je vais dire que la moyenne, grâce à ce dernier et le DVD, est de 4.
Je viens d'écouter "Esoteric Goody" , très expérimental, avant gardiste mais terriblement fascinant.Par contre, je suis pas persuadé qu'il provienne des sessions de "Dig It", mais plutôt de chutes retravaillées de "X".On croit même y entendre des effluves de "Heinrich Von Kleist"".Mais ce n'est que mon avis. Le DVD lui est très "indus", musique presque "sidérurgique"...Paradoxalement, j'accroche pas trop( le batteur est particulièrement énervant).Ceci étant dit, n'ayant jamais eu le privilège de voir KS sur scène, au contraire de TD,ce morceau reste une pièce de collection...
"Synthasy" reste pour moi une pure merveille, avec son intro stupéfiante, l'une des plus belles, à mon avis, que Schulze n'a jamais composé.Les trois autres morceaux restent très axés sur les percussions.N'oublions pas que Schulze, au départ, était batteur. N'ayant, pour l'instant que la version vinyl, je ne peux malheureusement pas parler du reste.
Je viens de me procurer cette version Revisited Records et je n'en reviens toujours pas de la qualité de ces rééditions (je me suis procuré aussi celles de "X", "Body love" et "Mirage" toutes plus belles les unes que les autres), le digipack est de toute beauté, le bonus vaut son pesant de décollages assistés par ordinateur et le DVD avec l'impressionnante et gigantesque "Linzer Stahlsinfonie" couronne le tout de façon majestueuse.