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Enregistré en Novembre 2005 au Sleepy Rabbit Studio
Jim Kirkwood: Keyboards, synthétiseurs, percussions électroniques, séquenceurs et FX
Plus de 13 ans après Tower of Darkness, Jim Kirkwood réussi encore à mystifier, et ses fans, et les amateurs de MÉ, style Berlin School, par son approche gothique fortement séquencé et diaboliquement efficace. Rythme lourd et tourbillonnant de séquenceurs alertes, des percussions à la fois ingénieuses et créatives sur des strates synthétiques puissantes et solos tortueux. In the Deep Place of the World ne révolutionne pas le style électro-gothique de Kirkwood, car les frontières sont aux limites de l’inimaginables. Le Sieur des ténèbres électroniques nous fait juste visiter un autre de ses mondes infernales, situés dans des profondeurs que l’on ignore. C’est un début assez tranquille qui nous attend avec l’ouverture de Wormtongue. De courte durée, nous avons l’impression d’être dans un marais diabolique, tant l’atmosphère y est lugubre. Une lance sonore déchire cette ambiance stoïque pour ouvrir un rythme débridé qui galope sur des lignes synthétiques larmoyantes, d’autres sont denses et intenses, joignant leurs incantations aux superbes percussions séquencées de Kirkwood. Toute une ouverture. L’atmosphère est survoltée. Les synths sont agressifs et fantomatiques, avec des solos sinueux, et des arrangements orchestraux étoffés, alors que les percussions tonnent d’un roulement incessant et lourd. Du Kirkwood créatif et en santé. Après une petite pause dans le rythme, le sombre individu reprend la route tortueuse de ses compositions gothiques avec des synthés enflammés sur une séquence puissante qui cavale intensément sur des arrangements orchestraux digne des grands maîtres. Le Seigneur des Abîmes nous sert tout une intro mystérieuse sur The Haradrim. Venant de nulle part, des percussions ouvrent la vanne à un tourbillon séquentiel. Un énorme bouillon qui souffle des lamentations inconfortables dans une spirale effrénée, dominée par des superbes strates synthétiques, des solos aigus et tortueux et un mouvement percussionniste des plus concordants. Ce mælström s’éteint subitement vers la 10ième minute où un vent synthétique suave se déplace sur de légères percussions bédouines et des chœurs angéliques. Les percussions augmentent la cadence, insufflant une nouvelle ligne séquentielle soutenue par des synthés vifs et acérés qui conduisent aux derniers souffles de Haradrim. Helcaraxe nous présente une intro très cosmique, ce qui n’est pas fréquent chez Kirkwood. Suave et rêvassante, l’atmosphère se dandine en toute légèreté. Moments doux, moments beaux où s’ajoute des ombres menaçantes avant qu’une chute pulsative s’empare de la quiétude du moment. Progressivement, le tempo augmente avec un délicieux jeu de tabla interrompu par des lances synthétiques qui alourdissent l’atmosphère avant qu’une lourde séquence change totalement la douceur initiale du mouvement. Synthés spectraux sur une séquence vrillante, enrobé d’un phare sonore qui pulse des vrombissements, Kirkwood nous réintègre dans son créneau musical avec une aisance déconcertante. It's Always Winter (On Caradhras) nous démontre le côté tendre de Sieur Kirkwood. Une douce séquence ombragée, un léger synthé souffle des airs mélancoliques, on peut même percevoir le suave suintement d’un violoncelle, alors qu’une séquence plus chaude, plus ronde donne plus de profondeur à cette grisaille dramatique passagère. Effets sonores hétéroclites et percussion qui martèlent une lente procession hypnotique, Sorcery from Isengard décolle sur un rythme débridé. Aux racines de Phaedra, le titre évolue agressivement sur des synthés aigus, enveloppants et un séquenceur lourd, avant de bercer dans une atmosphère plus coi, pour reprendre son tempo intempestif jusqu’à quittance totale. Un titre haut en couleur et en imagination qui démontre le côté très structurel de Kirkwood, car, par moments, on a vraiment l’impression de sortir de sous terre. (vendredi 29 septembre 2006)
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