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enregistré à domicile, San Francisco et Eagle Rock, ainsi qu'au cours d'un certains nombres d'interventions chirurgicales dans divers hôpitaux de Californie, USA, 2000
Drew Daniel (guitare électrique, sampler, digital editing, séquenceur), Steve Goodfriend (batterie), Mark Lightcap (guitare électrique), Martin C.Schmidt (synthétiseur, programmation, séquenceur, sampler), Stephen Thrower (clarinette)
Le groupe / artiste suivant apparait sur cet objet :Il y a des concepts drôles qui, même s'ils prêtent à rire, ne sont définitivement pas du goût de tout le monde. De prime abord, sur papier, le pari osé des Matmos à l'élaboration de leur nouveau disque a de quoi emballer. Bâtir ainsi tout un album autour de prises de sons diverses récoltées dans différents blocs opératoires et autres laboratoires où la science sévit, souvent sous l'habit de boucher, est un sacré délire qui vient redonner une couche supplémentaire d'ironie aux préceptes inhérents à la musique concrète. Et si le talent de Drew Daniel et Martin C.Schmidt n'est plus à prouver, convaincu que nous sommes qu'ils mèneront ce projet à bien - non sans humour - il y a tout de même tout au long de leur étrange parcours quelques passages délicats où le coeur des âmes les plus sensibles risquent à tout moment de se révulser. Ici, l'immonde cliquetis mécanique d'un aspirateur de graisse dont on entend le bac d'alimentation se remplir au fur et à mesure que l'intervention progresse ("Lipostudio... and so on"), là le glaçant bourdonnement d'une faisceau laser qui s'attaque à une rétine récalcitrante ("l.a.s.i.k."), ailleurs encore le bruit de la chair qui gicle, malmenée lors d'un implant facial ou pendant une endoscopie vécue comme si on y était ("California Rhinoplasty"), sans oublier enfin le cliquetis angoissant de crânes, vertèbres et autres dentiers synthétiques que l'on entrechoque avec allégresse dans ce qui constitue sans aucun doute un festival percussif macabre ("Memento Mori"). Ce n'est pas mon esprit qui divague ; c'est écrit texto dans les notes de pochette... Et malgré tout cela, malgré cet étalage d'horreur, ça marche ! Les bips des électrocardiogrammes, ceux des encéphalogrammes, les oscillations des vumètres sensibles aux décharges électriques, les fraiseuses qui s'activent, les scalpels qui fendent le derme d'un trait sec et précis, tout cela baigne dans ce fatras organique reconstitué qui pourrait parfois presque faire office de musique générique pour la prochaine gay pride ("Spondee"). Au delà du nouvel exemple édifiant qu'il donne en nous rappelant qu'il ne faut jamais se fier aux apparences, "A Chance to Cut is a Chance to Cure" s'octroît surtout l'audace suprême de maquiller la mort. (jeudi 9 février 2006)
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