Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesRLou Reed › Metal machine music

Lou Reed › Metal machine music

cd | 8 titres

  • 1 Metal machine music
  • 2 part I [16:00]
  • 3 Metal machine music
  • 4 part II [16:00]
  • 5 Metal machine music
  • 6 part III [16:00]
  • 7 Metal machine music
  • 8 part IV [16:00]

enregistrement

A la maison, New-York, Etats-Unis, 1975.

line up

Lou Reed

chronique

Styles principaux
electro
indus
noise
Styles secondaires
harsh noise

Un bonheur, ce disque. Pas à écouter, non, enfin si, à condition d'être rompu à la noise la plus extrême et la plus jusqu'au-boutiste. Un bonheur parce qu'il s'agit tout simplement du plus énorme "Fuck you !" jamais balancé à la face de l'industrie du disque ET du public. Un suicide, purement et simplement (surtout après le succès du gentillet "Sally can't dance"). Un bonheur aussi, parce que Lou Reed, jusque-là apôtre d'un certain classicisme rock (n'a-t-il pas déclaré : "You can't beat 2 guitars, bass, drum" ?), va en une seule galette (double en vinyle !) donner du grain à moudre à toute une génération de musiciens rock avant-gardistes versant à sa suite dans l'electro-indus la plus radicale. Sorti sur une major (le pied ! 100 000 exemplaires vendus ! des milliers de clients furieux demandant à leur disquaire d'être remboursés !), ce double LP contient très exactement 64 minutes de bruit blanc (après la lumière et la chaleur blanches...), c'est-à-dire 16 minutes par face. Avec deux guitares, deux amplis, et un magnéto quatre pistes, Lou Reed, dans son loft de Manhattan, fait hurler de manière effroyable et totalement dissonante des accords ouverts, distorsions, larsens, qu'il monte en boucle et superpose de manière chaotique pendant plus d'une heure. Pire que du Merzbow, tout simplement. Dès 1975, Lou Reed fracasse la gueule de l'auditeur sous un déferlement de bruit continu, sans nuances (tout est très fort), inextricables, stridents et cacophoniques au possible. Oui, c'est plus extrême que le plus extrême de Merzbow, car les "morceaux" du Japonais durent rarement plus de 25 minutes. Ici, c'est le MEME titre que vous entendrez durant les 64 minutes, ne vous fiez par aux quatre parties de la track-list, elles existent uniquement à cause de la durée des faces vinyles. Mais après le cut brutal de la fin d'une face, on reprend directement les hostilités là où on les avait laissées au début de la face suivante. Seules les deux dernières minutes forment une petite variation, puisque une courte séquence blast style marteau-piqueur y est montée en boucle répétée à l'infini (Lou voulait semble-t-il que l'aiguille reste sur le même sillon et que ce cauchemar ne s'arrête jamais). Alors, oui, la muraille sonore est déjà là, énorme, infranchissable : survolez-là ou écrasez-vous dessus, vous n'en ressortirez certainement pas indemnes. Vous pourrez aussi vous amuser à séparer les deux canaux de la stéréo, qui sont ici dissociés comme au bon vieux temps de "White light/White heat". Grand moment de musique et moment crucial de l'histoire du rock en vérité, que vous devez connaître, même pour le détester. Comme le dit Lou Reed lui-même dans un extrait des notes de la pochette originale mis en exergue dans cette excellente réédition : "Most of you won't like this, and I don't blame you at all." (lundi 19 décembre 2005)

note       

Dans le même esprit, Trimalcion vous recommande...

ajoutez des tags sur : "Metal machine music"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Metal machine music".

ajoutez une note sur : "Metal machine music"

Note moyenne :        14 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Metal machine music".

ajoutez un commentaire sur : "Metal machine music"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Metal machine music".

Kronh › dimanche 27 octobre 2013 - 20:40  message privé !

Bel hommage^^ N'empêche que c'est réellement un BON album même si Keiji Haino avait déjà fait la "chose" enregistrée en live deux ans auparavant sous le titre "Milky Way"

Note donnée au disque :       
Alfred le Pingouin › dimanche 27 octobre 2013 - 19:38  message privé !

RIP. Je vais me l'enchaîner pour la première fois ce soir et ça sera BIEN.

No background › vendredi 1 octobre 2010 - 11:41  message privé !

Eh bien, on en apprend tous les jours. Le concept provient en fait de John Cale, avec le morceau "Loop" enregistré en 1966 (mais néanmoins crédité The Velvet Underground), qui figure sur le disque vendu avec le magazine Aspen. http://www.youtube.com/watch?v=kWHVHi7jLbo. Bien évidemment, c'est avec ce Metal Machine Music que le concept est poussé à son maximum.

No background › vendredi 6 août 2010 - 11:02  message privé !

Tiens, écouté hier. J'étais loin de m'imaginer que Lou Reed avait sorti une telle chose. Mais en se renseignant un peu, ce n'est pas si étonnant, vu que ses potes du Velvet, John Cale et Angus MacLise, ont fait partie du "Theater of Eternal Music" de la Monte Young. Maintenant, enregistrer ça sur double vinyle et le faire distribuer par une major en 1975, ça reste historique. L'important oui, c'est que ce disque existe, et qu'il a influencé l'indus, la noise, et (pour rejoindre le ressenti d'E. Jumbo) l'ambient.

E. Jumbo › vendredi 6 août 2010 - 03:53  message privé !

Pire que le pire des Merzbow... Bof, justement je trouve ça limite mélodique, psychédélique, et puis le côté enveloppant de tant de sons a quelque chose d'apaisant. Et puis parfois j'ai l'impression d'entendre des petits cris de chats, c'est plutôt mignon. Que Lou Reed ait voulu arnaquer les gens, peut-être, mais il n'a pas arnaqué ceux qui ont aimé... Je sens un bon potentiel transcendantal dans ce disque, à réécouter dans mon petit salon avec lumière tamisée, bougies odorantes et coussins rebondis.