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Alfred Schnittke (1934-1998) › Concerto pour violoncelle / Stille Musik / Sonate pour violoncelle et piano

  • 1990 - Naxos, 8.554465 (1 cd)

8 titres - 64:14 min

  • CONCERTO POUR VIOLONCELLE (36:35)
  • 1/ Pesante moderato (13:44)
  • 2/ Largo (9:32)
  • 3/ Allegro vivace (3:38)
  • 4/ Largo (9:39)
  • STILLE MUSIK POUR VIOLON ET VIOLONCELLE
  • 5/ Lento (6:21)
  • SONATE POUR VIOLONCELLE ET PIANO (20:58)
  • 6/ Largo (3:34)
  • 7/ Presto (6:08)
  • 8/ Largo (11:16)

enregistrement

1990, les 20 et 21 septembre (concerto), et les 4 et 5 octobre (musique de chambre).

line up

Maria Kliegel (violoncelle), Raimund Havenith (piano), Burkhard Godhoff (violon), Orchestre Symphonique de la Radio de Saarbrück, Gerhard Markson (direction).

chronique

Styles principaux
musique classique
Styles secondaires
contemporain
Styles personnels
contemporain

On parle parfois d'âme russe aussi en ce qui concerne la musique classique : un compromis entre tradition folklorique nationale et classicisme occidental, mais aussi des principes formels rigoureux mis à mal par le déchaînement irrésistible des passions, le torrent d'émotions brutes, la sauvagerie barbare du paganisme reprenant le dessus sur la morale chrétienne, et l'excès en tout... Force est de constater que ces clichés ne sont pas toujours éloignés de la vérité. Tchaïkovski, Moussorgski, Stravinsky, Rachmaninov, Chostakovitch, pour ne citer qu'eux, furent bien des compositeurs russes. Schnittke aussi, malgré ses ascendances germaniques, et peut-être, dans l'excès, plus que tout autre. L'écoute de ce concerto pour violoncelle (1986) relève de la catharsis. C'est tout simplement... violent. Vraiment. Les râclements stridents du violoncelle s'extirpent péniblement de la cacophonie orchestrale, essayent de la dompter, puis l'ensemble retombe dans le chaos. Tout n'est que torture, déchirements... Cependant, cette musique dissonante n'est pas atonale. Dans chaque mouvement, un thème principal structurant la progression de l'ensemble résonne régulièrement, comme annonciateur des tempêtes à venir. Tentez l'expérience Schnittke si vous aimez Chostakovitch. La filiation est évidente. Le post-romantisme est toutefois ici définitivement dépassé par une certaine furie polystylistique. L'implosion totale, la disharmonie à son plus haut point de rendu expressif. Quand tout à coup survient un moment de sérénité, il n'en prend que plus de force. Les premier et quatrième mouvements sont vraiment prototypiques de ce qu'ont à offrir les compositions de Schnittke. Dans le premier mouvement, le thème dominant, qui s'élève doucement, prend progressivement des formes monstrueuses et changeantes qui vont voir s'affronter les masses orchestrales dans la plus grande capacité d'agression. Le mouvement conclusif (que, pour l'anecdote, Schnittke a souhaité rajouté après son coma qui l'avait vu frôler la mort) débute par une marche funèbre et se termine en apothéose. Eprouvant et régénérateur. L'avantage de cet excellent disque Naxos (il faut les signaler, à ce prix), est de nous offrir un programme très varié, dont le dénominateur commun est le violoncelle. Les deux pièces de musique de chambre qui suivent sont toujours emmenées de main de maître par Maria Kliegel. "Stille Musik" (1979) est une sorte de plainte, d'agonie de plus en plus étouffée que violon et violoncelle expectorent conjointement. La sonate pour piano et violoncelle (1978), pièce assez tendue, troublée et troublante, d'un impressionnisme sombre, se distingue surtout par son extraordinaire mouvement presto : "bourdon" affolant, course de vitesse hallucinée entre les deux instruments. Une excellente introduction au compositeur, avant de se lancer dans ses symphonies ou dans ses concertos pour violon (défendus par l'inévitable Gidon Kremer). Un Schnittke torturé par l'angoisse de la mort, angoisse contre laquelle son acte de composition fut apparemment le meilleur des remèdes. (mardi 6 décembre 2005)

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necromoonutopia666 › mardi 24 juillet 2012 - 00:34  message privé !

salut!je ne suis pas un expert en schnittkerie, mais j'ai beaucoup aimé les symphonies n 2 et 3 qui sont sommes toutes assez accèsible, car brassant moult périodes et et styles, allant de la fulgurence symphonique romantique jusqu'à des partie Contemporaine proche parfois de penderecki. En tout cas je n'ai pas eu de mal à entrer dans ces oeuvres et pourtant je suis loin d'être ferru de musique classique contemporaine. A toi de voir. ;)

Moonloop › lundi 23 juillet 2012 - 17:25  message privé !

Alfred Schnittke... voilà un compositeur qui m'est totalement inconnu... ça a l'air assez chaud parfois, je vais tout de même essayer d'écouter les pièces chroniquées ici... Si jamais il y a quelques autres suggestions, quelques "incontournables", quelques portes d'entrée pour entrer dans son univers, n'hésitez pas...