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Produit par Arnaud Michniak et Den's
Fred Roman (tout)
Pas facile de parler de cet album. Imaginez un peu: ça fait un an qu'on nous fait miroiter le nom de Nonstop dans les milieux autorisé et Programmien. En effet, l'objet est produit par Michniak lui-même, aidé de Den's de feu-Diabologum. Les titres en téléchargement mettaient l'eau à la bouche: hip hop nihiliste puissant et surréaliste. La galette dans le mange disque, et le voyage commence. "Devant ma nuque" commence très fort, sur une rythmique juste énorme et le flow désinvolte et agressif de Fred Roman, accent toulousain en cadeau. "J'paranoïe j'perd un œil, dans le cœur de ma vie, ma tête tourne pour mordre ma nuque; ils ont retourné mon bureau, pour se branler derrière mon dos". "Idiot cherche village" énonce des jeux de mots bien sentis à l'humour noir corrosif et surréaliste ("camion fou échange frein contre platane", "grand brûlé échange barbecue contre VTT", "ANPE recrute SDF comme homme sandwich", "chienne de garde échangerait stérilet contre piège à loup", …) sur fond de rythme hip hop old school. "Faut pas rester là", LA claque du disque, la grosse bombe, la tuerie, le sommet nihiliste brutal et névrosé, feat Arnaud Michniak. Les deux amis balancent leur texte en alternance, phrase après phrase, d'un sujet différent mais agencé pour que la suite des phrases soient compréhensibles et censées. Roman a un flow juste ahurissant, violent et hurlé, tandis que Michniak est fidèle à lui-même, désillusion et désespoir. Derrière, ça cogne sec, un riff énorme de gratte double une rythmique assommante. "Le vent ne tournera jamais", musicalement dépouillé et très old school, voit Roman lâcher son flow en criant avec une voix écorchée vive. "Le fils du soldat inconnu", 7min d'une histoire imaginaire inspirée par Jean-Teddy Philippe, onirique, musicalement indiano-tribale et cinématographique, spoken words, piano. Chacun des 13 titres de cet album a sa propre identité, son propre style, pour le meilleur (les titres décrits plus haut) et parfois pour le pire: "Toujours du vent sur les ponts" et sa rythmique 80's et cette voix qui chante comme un clochard bourré, maladroit; "ça m'arrive" et son instrus science-fictionnesque kitschouille; "le cœur dans le dos" et son piano mal maîtrisé, etc…. Pour les lyrics, c'est pareil: on navigue entre l'illumination poétique surréaliste et jeux de mots trop facile ("au dessus du lavabo, le cyclope me fait un clin d'œil", "j'pensais que les fleurs se suicidaient en se cueillant toute seule",…), et ce goût trop prononcé pour l'énumération. "Road movie en béquilles" est un disque inégal, alternant les énormes tueries salvatrices, cathartiques et renversantes, avec des titres qui laissent dubitatif quand à leur intérêt sur leur présence ici. Il aurait fallu retirer 5 ou 6 titres pour avoir un album presque parfait. M'enfin, on tient déjà là l'un des disques de l'année, et ce n'est pas le magnifique artwork du génial Stéphane Blanquet qui jouera en sa défaveur ! (samedi 22 octobre 2005)
note
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Note moyenne : 16 votes
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"Le vent ne tournera jamais. Et ça tout le monde le sait. Parce que tout le monde le suit." Ouaip, dans l’mille Emile...
"Le plus dur, ce sera de danser tout en restant en colère, pour éviter le désespoir"... Ce mec a tout compris.
ce disque est fantastique, des tubes inimitables basés sur des lyrics cyniques terriblement drôles ; c'est Programme sans le côté j'm'écoute parler.
mais non toxine, t'as rien compris ! "la belle de K Dick a des yeux de velours"
si, dick tout court