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Rozz Williams › Every king a bastard son

cd | 8 titres

  • 1 Whorse
  • 2 Mind fuck (soundtrack to a murder)
  • 3 The beast (invocation)
  • 4 Currents
  • 5 To he who shall come after (mystic fragments)
  • 6 The evil ones
  • 7 No soldier (cloak of shit)
  • 8 Walls/voices

line up

Rozz Williams (chant, clavier, guitare, sampling, arrangements), Donato Canzonieri (guitare, basse, récitation en italien, arrangements), Ace Farren Ford (violoncelle, musette), Paris (clavier)

chronique

Styles principaux
indus
Styles personnels
spoken word/ collages sonores

Parfois, je m'interroge sur ma santé mentale...Est-il normal d'apprécier les exorcismes sonores d'un homme sur le tranchant du rasoir qui tente par la musique et le spoken word d'expulser ses démons les plus noirs ? Premier album solo de Rozz Williams, 'Every king a bastard son' s'avère une expérience intense et intime (peut-être plus encore à la lumière de son suicide six ans plus tard) qui n'est certes pas à la portée de toutes les oreilles. Dès 'Whorse' une ambiance de malaise jouissive (c'est terrible à dire) s'installe...des hennissements puis une nappe d'orgue funèbre étouffée qui s'élève maladivement tandis que commence le récit de la souffrance mentale et physique d'un homme aux prises avec ses doutes, ses blessures, avec le monde qui l'entoure et qui bat hors de lui...Confrontation parfois agressive comme sur 'Mind fuck' et ses coups de basse tranchants comme des lames et ses paroles de haine, poignante et malsaine comme sur 'The Beast' avec ses sanglots en arrière-fond et ses coups répétés comme contre une porte qui refuse de s'ouvrir ou les parois d'un cercueil, le tout sur fond de collages de crissements, de grondements, de sons distordus...On croit à quelques touches d'espoir comme sur les samples de violon qui ouvrent 'To he who shall come after' mais ça ne dure jamais longtemps. L'atmosphère de cabaret mélancolique et malsaine de 'The evil ones' a tôt fait de rappeler qu'il n'existe nulle rédemption, même dans la douleur; des rires, des crissements tapissent l'arrière-fond de ce qui aurait pu être une simple ballade...Et ce ne sont pas les derniers titres qui dissiperont ce climat de malaise morbide. D'ailleurs, 'Walls/voices' avec sa voix et ses crissements de violoncelle évoque volontiers 'Off the wound' présent sur 'Ashes'...'Every king a bastard son' place l'auditeur dans une situation de voyeur, de mouche qui se pose sur la plaie infectée...Est-il normal d'appécier un tel un album ? Franchement, je n'en sais rien, et Rozz, le savait-il, lui ? (mercredi 5 octobre 2005)

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nonono › vendredi 1 juillet 2011 - 11:32  message privé !

Oeuvre absolument magnifique, textes profonds et polysémiques : Every king a bastard son était l'album préféré de Rozz, son plus intime ; tandis que dans Premature ejaculation, il y exprimait ses facettes les plus sombres.