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Hollywood, Los Angeles, Californie et New York City, USA, 27 juillet 1962 - 17 avril 1963
Miles Davis (trompette), Victor Feldman (piano), George Coleman (saxophone ténor), Ron Carter (contrebasse), Frank Butler (batterie), Gil Evans (conducteur), Ernie Royal (trompette), Frank Rehak (trombone), John Barrow (cor anglais), Jimmy Buffington (cor anglais), Elvin Jones (percussions), Steve Lacy (saxophone soprano), Janet Putnam (harpe)
Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité
Miles Davis était furieux, paraît-il, lorsque ce disque fût publié sans son accord, accusant Teo Macero de n'en faire qu'à sa tête. Il faut prendre "Quiet Nights" avant tout comme le premier épisode tumultueux des noces de raison entre ses deux hommes qui ont tous deux leur part de responsabilité dans la construction du mythe Davis, au grand dam de celui-ci d'ailleurs... Car, c'est peut-être inutile de vous le rappeler - mais au moins cela me fera-t-il gagner quelques lignes - en jazz, et en particulier à cette époque, on rentrait rarement en studio en se disant qu'on allait enregistrer un album. Des sessions s'organisaient, on y jouait, puis on faisait le tri de ce qui serait publié ou non, parfois avec des années de retard, en fonction de l'activité débordante ou non du musicien. Le concept de l'album comme un tout, comme nous le concevons aujourd'hui, ne surviendra qu'en 1967 avec le club des coeurs esseulés du Sergent Poivre (ça vient, ça vient), mais une chose à la fois... Les Beatles auraient peut-être du signer ce coup de maître plus tôt et - qui sait ? - cela aurait peut-être plus inspiré Miles, Gil Evans et Teo Macero car ce dont souffre en premier lieu ce "Quiet Nights", c'est son manque total de direction. Et on comprend mieux la colère de Davis car, s'il n'y a absolument rien à dire sur la qualité musicale, presque nocturne, de ce disque, cette suite de titres sans but auraient pu nuire à la réputation d'un artiste qui n'avait vraiment pas besoin de ça au moment où il nageait en pleine dépression. Le disque est excessivement court, même pour les standards de l'époque, et l'inédit de douze minutes, "The Time of the Barracudas", rajouté à son édition remastérisée, ne comble ce déficit qu'en terme de durée. De plus, des titres comme "Aos Pes da Cruz" ou "Corcovado" démontrent une nette volonté de se frotter au "Jazz Samba" grâce auquel Charlie Byrd et Stan Getz viennent de cartonner. Un faux pas plus qu'un mauvais calcul qui précipite néanmoins Miles Davis dans une musique easy listening... (mercredi 21 septembre 2005)
note
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Cet album est un chef d'oeuvre, sans doute l'album le plus sous estimé de Miles