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Sorcerer Sound Studios, New York City, USA, été 1994
Dave Reid (basse, guitare), Miriam McDonough (basse, claviers), Virgil Moorefield (batterie), Ellen Watkins (guitare), John Myers (guitare), Carolyn Master (guitare), Phil Kline (guitare), Brannon Hungness (guitare), Eric Hubel (guitare), Steven Antonelli (guitare), Glenn Branca (chef d'orchestre)
Il y a quelque chose d'assez puant dans la musique de Glenn Branca. Et il en a toujours été ainsi. Une impression de dégoût qui ne quitte pas votre palais. À l'image d'un médicament trop amer dont les bienfaits sur votre organisme n'arrivent pas à estomper tout de suite le sentiment de répulsion qui vous envahit de prime abord. Faire tourner sans cesse les mêmes accords dans un déluge de décibels, comme la vrille d'une foreuse qui s'attaque à votre boîte crânienne dans le seul but de pratiquer sur vous une lobotomie sans anesthésie, c'est là une des innombrables images peu réjouissantes qui me viennent à l'esprit quand je me retrouve dans l'obligation de partager ce que j'éprouve à l'écoute de la musique de Glenn Branca. Elle n'est peut-être pas assez parlante, mais je dois avouer que je me sens particulièrement démuni. C'est vrai quoi, qu'est-ce qu'ils foutent les autres ? Ils en parleraient sans doute mieux que moi... Car que sont les mots face aux ressentis provoqués par l'exposition prolongée à ces symphonies d'un temps futur qui ne m'ont jamais quittées depuis que je les ai découvertes ? L'intitulé choisi pour réunir ses deux symphonies commandées à l'origine pour des manifestations culturelles diverses (l'Expo universelle de Séville par exemple) pourrait laisser croire que Branca renoue ici d'une certaine manière avec le côté sacré de sa musique (en référence, bien entendu, à ses symphonies n°2 et n°3). En y prêtant vaguement l'oreille, on aura pourtant bien du mal à y croire tant "The Mysteries" dégage une force et une hargne rarement atteinte auparavant dans son oeuvre. Parallèlement à ces nouvelles constructions guitaristiques plus tributaires d'une démarche rock, les parties de batterie assurées dorénavant par Virgil Moorefield sont, me semble-t-il, pour beaucoup dans ce changement. L'écoute du premier mouvement de la symphonie n°8 ou le dernier de la symphonie n°10 devrait à elle seule vous convaincre que Neurosis n'a pas changé d'optique comme ça, par l'opération du Saint Esprit. À moins que celui-ci soit le diable sous déguisement. Un diable qui porterait le nom de Glenn Branca. "The Mysteries" est le plus ultime et le plus rock de ses travaux, une réelle descente aux enfers. (vendredi 2 septembre 2005)
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le premier impact est énorme, mais plus ça va, plus ça tire en longueur et moins ça devient intéressant, en terme de compositions, qui tendent à s'épuiser assez vite...