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Air studio, Londres, Angleterre, janvier 1974
Robert Fripp (guitare, mellotron), David Cross (violon, mellotron), John Wetton (basse, chant), Bill Bruford (batterie, percussions)
Troisième réédition pour King Crimson, cette fois en HDCD et sous pochette carton (miniature vinyle) en tirage limité
Dans la légende du groupe, "Starless and Bible Black", le bien nommé, fait partie de ces albums maudits. Plus obtus, plus sombre, nettement plus difficile d'accès encore que son prédécesseur, il est un des premiers disques qui fera définitivement jeter l'éponge à pas mal de ses anciens afficionados. Et la raison en est bien simple ; "Starless and Bible Black" n'est pas monté comme un album courant. Il n'est constitué en réalité que de trois véritables titres studio ("The Great Deceiver", "Lament" et "The Night Watch", dans la lignée d'"Exiles"), le reste étant extraits en grande partie d'une prestation donnée par le groupe au Concertgebouw d'Amsterdam, en Hollande. Le fait est que, sur scène, King Crimson, bien que déjà réduit à quatre, est un des rares groupes de son époque à oser remettre sa réputation en jeu chaque soir, en se jetant, tête la première, dans l'inconnu au détours d'improvisations échevelées. La créature polymorphe de Robert Fripp n'est jamais aussi fascinante que quand elle se laisse happer par ses recoins les plus obscurs, révélants des pièces musicales incandéscentes d'une noirceur tétanisante. La plage titre est d'une perfidie absolue, vile, limite cancérigène ; sans doute la pièce la plus déconcertante du lot. Mais "Trio", par sa troublante beauté où intelligence et sensibilité musicale deviennent les conditions sine que non de sa réussite, ou le monumental "Fracture", au crescendo insoutenable et d'une malignité qui me donne encore la chair de poule rien que d'en parler, restent des sommets en matière de musique rock experimental. S'il fallait trouver un mot qui personnifie au mieux la philosophie de King Crimson depuis que Fripp en est devenu le mentor, ce serait malaise. Et sur "Starless and Bible Black", il ne s'agit que de cela. (jeudi 6 décembre 2001)
note
Cet album me contrarie quelque peu pour ma part. Pas qu'il soit mauvais, non, loin de là, mais voilà, il y avait la place pour un chef d'oeuvre et je trouve qu'une petite moitié de cet opus est vraiment très moyenne, à la limite baclée, et franchement dispensable. Pourtant, tout commençait à la perfection avec "The great deceiver" et son riff entêtant et entrainant, fabuleux ! "Lament" et surtout "The night watch" sont aussi du même acabit, d'un très haut niveau, mais des morceaux comme "We'll let you know", "Trio" ou "The mincer" font plus office de remplissage qu'autre chose. Zttention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, cet album est très bon, mais en ce qui me concerne, non, ce n'est pas un chef d'oeuvre. Trop inégal pour cela. Enfin, l'album se termine par "Fracture" comme il avait commencé avec "The great deceiver", d'une manière majestueuse ! (dimanche 23 décembre 2001)
note
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Note moyenne : 42 votes
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Le Crimso' le plus passionnant à mes oreilles. Je le redécouvre sans cesse.
Le deuxième meilleur, "starless" restera toujours number one!
Oui, un titre assez hallucinant, peut être même le meilleur de King Crimson à ce jour.
"Fracture" est quand meme LE titre qui marque.
Un album de grand envergure et un processus musicale très complexe. Après plusieurs écoute, j'ai du mal encore à me souvenir de deux ou trois rythme ou encore des mélodies marquante qui reviendrai sans cesse dans ma tête. Cependant le tout sonne comme une évidence tout à fait cohérente . C'est à la fois intelligent et mécanique, sournois et perfide. Un disque qui n'a pas finis de m'étonner, de me surprendre et de m'intérroger.