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Tokyo, Japon, 2002
Tujiko Noriko (chant, instrumentation), Moyunijumo (rap), Yoshihito Tsujimura (chant), Yoshiharu Okubayashi (guitare, chant), Yuichiro Takashima (batterie)
La musique électroniquement dégingandée de Tujiko Noriko est si parfaitement mise en place, si franchement accueillante malgré sa nature glaciale, qu'on aime à s'y blottir les soirs de déprime. Quand rien ne va plus, que tout vous semble moche au dehors comme au dedans, il est toujours bon de savoir qu'il existe toujours un lieu, quelque part, où vous pourrez à nouveau être vous-mêmes, sans faux-semblants, sans prétendre être cet adulte responsable croulant sous le poids d'un costume trop lourd à porter. Tombent les masques. Faire ressurgir ses blessures d'enfances, ces douces rêveries que l'on nous a appris à mépriser car dépourvues de tout facteur de rentabilité... Sans se rendre compte que c'est en fait notre nature profonde qu'ainsi l'on reniait. "Hard Ni Sasete" (Rends moi dur) n'a pas de propriétés aphrodisiaques comme les esprits mal tournés l'auraient peut-être souhaités. S'endurcir, pour celles et ceux qui ont les nerfs à fleur de peau, pour celles et ceux qui prennent la mouche au quart de seconde et dont la carapace toute usée de pince sans rire faussement cynique est devenue à force complètement perméable, c'est sans doute ce qu'il y a de plus pénible, de plus difficile au monde. Un mal pour un bien. Mais un mal nécessaire pour qui veut survivre. Noriko est tout simplement désarmante par tant de naturel et de naïveté. Ses petits bouts de mélodies enfantines et désabusées, récoltées avec minutie comme les pièces d'un puzzle pour nourrisson, permettent à cette violence souffrance qui nous tiraille de ressurgir on ne sait trop par quel miracle de l'inconscient. Cette femme enfant qui nous berce de mots enrobés d'une tendresse presque immatérielle dont nous n'avions plus souvenir de son existence, nous dorlote, nous cajole, nous rassure, nous console. "Pleure, pleure" dit-elle. Oui, je pleure. Les yeux m'en piquent. Mais ça fait du bien. Un mal pour un bien... Et elle de serrer davantage l'étreinte autour de cet enfant qui pour finir vient se loger dans le creux de ses reins. Cet enfant, c'est vous, c'est moi. C'est nous tous ici bas. (vendredi 26 août 2005)
note
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Excellente critique! Sa donne vraiment envie.
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