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Green Point Studios, Brooklyn, USA, 1995
Fred Frith (guitare), Ikue Mori (boîte à rythme), Kato Hideki (basse)
Ça devait être dans la deuxième moitié des années quatre-vingt dix. Un festival Tzadik investissait les locaux de l'ancienne Belgique pour deux dates, opportunité unique de venir entendre in vivo quelques unes des signatures les plus singulières du label. Trois artistes par jour. Je me souviens du fabuleux clarinettiste David Krakauer, de la provocante projection de "Elegy". Je me souviens des Ruins, bien sûr, et d'un Eyvind Kang aux aspirations Mahavishnesques. Finalement, il n'y eut qu'Anthony Coleman pour ne pas réussir à captiver toute mon attention. Car, oui, j'oubliais ; il y avait aussi Death Ambient : Kato Hideki (Ground Zero) à la basse, Ikue Mori à la boîte à rythme et Fred Frith (Henry Cow, Art Bears) à la guitare. Seul ennui ; Frith fût remplacé au pied levé par un quidam. Les rumeurs dans la salle faisaient circuler le nom de Jim O'Rourke, mais je pencherais plus volontiers pour Marc Ribot. Quoi qu'il en soit, la somme des talents en présence - avec ou sans Frith - ne pouvait laisser place qu'à des improvisations intelligentes, ressenties, plutôt qu'un prétexte quelconque pour se mettre à l'avant, une attitude que des musiciens d'un tel niveau n'ont sans doute plus beaucoup l'occasion d'éprouver aujourd'hui. C'était assez amusant de voir la sévère Ikue Mori, droite comme un piquet, toute affairée à la manipulation des potentiomètres de la console qui lui faisait face. La banque de son qu'elle utilise est si étendue que l'exactitude de ses interventions spontanées témoignent d'une parfaite maîtrise de l'instrument. C'est elle le pilier de la musique de Death Ambient, celui autour duquel le tout s'articule dans un maelstrom de sonorités déroutantes où basse et guitare finissent par disparaître pour faire corps avec la musique ainsi générée. "Death Ambient" peut-être tour à tour aussi lugubre et brouillon que du Nurse with Wound première époque, aussi déroutant et bruyant qu'un Weird Little Boy, fondamentalement étrange comme les Mnemonists, voire presque aussi familier que le Eno de "Music for Films". (vendredi 26 août 2005)
note
Note moyenne : 7 votes
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Les larsens kabuki de Frith sur Imperial Thorn, j'en suis toujours admiratif...
Sinon très bon disque, me dis-je à chaque réécoute. Qu'on n'arrive pas à rattacher à une 'scène', oui, mais sans avoir l'impression que ce soit l'important du propos comme parfois chez Tzadik (genre "t'as vu comment qu'on est transgenres et inclassables, mec ! On est trop des gros déviants mon pote ! Ouaaaiiis ouais ! ...").
Du coup, aucune dissipation de l'étrangeté, quinze ans passés. Et du reste non-plus, de fait.