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Eno's Studio, Air Studio, Island Studio, Olympic Studios, Londres, Angleterre et Olympia, Paris, France, 1973-1974
Brian Eno (synthétiseur, Revox), Robert Fripp (guitare)
Sans surprises, "No Pussyfooting" est toujours cité en exemple. C'est vrai aussi qu'il était le premier du genre. Mais on oublie trop souvent sa suite, "Evening Star", peut-être plus merveilleux encore. Sur le précédent, le rôle de Eno ne se limitait finalement qu'à la simple manipulation du système technique mis sur pied, laissant toute la place à Robert Fripp pour broder ces atmosphères fantômatiques que l'on chérit tant. Ici, Eno participe véritablement à l'enregistrement et peut donner libre cours à sa créativité, inspiré par les travaux de Steve Reich, Terry Riley et LaMonte Young. Il apporte sa nuance, son écoute sensible et sa faculté à instaurer une ambiance en quelques notes seulement. Les titres, généralement de proportions plus modestes, pérénnisent ce que le claviériste va bientôt accomplir sur "Another Green World" et par delà, "Music for Films" ; une multitude d'instants dérobés au temps qui passe, véhiculant un spleen infini (cfr la plage titre). On trouve même, avec "Wind on Wind", un extrait de "Discreet Music". "(No Pussyfooting)" était, de fait, purement expérimental : une mise en jambe où l'on se familiarise d'abord avec la technique avant de commencer à se demander ce que l'on pourrait bien en tirer... Autrement dit, sur "Evening Star", notre duo amorce un virage essentiel en prenant pleine conscience des possibilités offertes par cette nouvelle façon de créer de la musique. Ils ont eu tout le loisir de l'expérimenter sur scène aussi, et l'Olympia s'en souvient encore (on ne compte plus le nombre d'articles haineux parus à l'époque, rédigés au sortir de leur prestation). "An Index of Metals", seule longue suite présente sur ce second effort, va mettre d'application tous les enseignements acquis jusque là et résume parfaitement l'étendue de leurs travaux dans un long voyage glacial et angoissant, sans doute ce qu'ils accomplirent de meilleur. Dommage que l'album - prétendument remastérisé en 1989 - souffre d'un souffle assez envahissant qui en gâche considérablement le plaisir d'écoute. (lundi 25 juillet 2005)
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