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University of East Anglia, Norwich, Angleterre, les 27 et 28 janvier 1983.
Singcircle : Suzanne Flowers, Penelope Walmsley-Clark (sopranos), Nancy Long (mezzo-soprano), Rogers Covey-Crump (ténor), Gregory rose (baryton, direction musicale), Paul Hillier (basse).
Ce sont les temples aztèques, les grands espaces mexicains, qui ont présidé à la création de ce "Stimmung" par Stockhausen en 1968, première composition occidentale majeure à reposer uniquement sur la production d'harmoniques par un ensemble vocal a cappella. Autant dire que dans le très prolifique catalogue du compositeur allemand, cette oeuvre fait carrément figure d'OVNI, qui repose sur l'incantation magique, répétée et hypnotisante de plusieurs dizaines de noms de divinités païennes par un chanteur, lequel nom est immédiatement entouré d'un bourdon harmonique naturel créé par les autres chanteurs, qui murmurent, nasalisent, scandent, ornementent, vocalisent par mélismes improvisés, jusqu'à atteindre la note fondamentale qui servira à introduire la divinité suivante. OVNI aussi, car il s'agit d'une musique tonale, et minimaliste (parce que répétitive et incantatoire) opérant par des procédés inusités jusqu'alors chez Stockhausen. Poétique, surréaliste, "Stimmung" joue également de l'introduction de jours de la semaine dans différentes langues, et de textes érotiques (écrits par le compositeur lui-même !) en certains endroits. L'impression qui s'en dégage est plus qu'envoûtante, elle est indicible ; ces petites voix douces vous resteront dans la tête longtemps après l'arrêt du disque. Pièce sacrée imposante, petit rituel en forme de prière improvisée, world music aux origines imprécises, hypnose, fantaisie ludique... c'est tout ça et bien d'autres choses encore qui viennnent à l'esprit. Le sentiment de monotonie que l'on pourrait avoir (les 70 minutes de musique reposent sur un accord unique !) s'estompe vite pour peu que l'on se concentre sur les inflexions, les timbres de la voix de chacun des six chanteurs de l'Ensemble britannique "Singcircle", dont la performance a assurément dû marquer une Meredith Monk ou un Bobby McFerrin. Le voyage de Stockhausen au Mexique a en tout cas abouti à une pièce au caractère unique, dont l'ampleur et le syncrétisme religieux et musical transcendent aisément l'aspect avant-gardiste. Expérience à faire. (vendredi 8 juillet 2005)
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Première écoute de cette oeuvre réputée clé de Stockhausen... Le choc est violent ! Je sens d'emblée qu'il faudra beaucoup plus d'écoutes pour l'apprécier qu'il ne m'en a fallu pour la trentaine de pièces du gourou de Darmstadt que j'écoute régulièrement. Le travail sur les phases est inouï et bien plus probant que ce que les pièces maîtresses du minimalisme outre-atlantique ont su atteindre. Mais l'austérité de la pièce défend âprement ses fruits. Que vaut la version reprise la STOCKHAUSEN VERLARG, au juste, dite "version de Paris" de 1969 ?