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Studio Ginger, Tel Aviv, Israël, 2002-2003
Yehuda Kollon (guitare), Ishay Sommer (basse), Udi Susser (claviers, instruments à vent, chant, baglama, darbouka), Roy Yarkoni (claviers, piano), Dave Kerman (batterie, percussions), Udi Koomran (ordinateur)
Ahvak aurait-il la prétention d'être au prog ce que Masada est au jazz ? Après deux longues années d'enregistrements, la nouvelle sensation du prog d'avant-garde sort un premier album tellement parfait qu'il en devient tout simplement déroutant. On parcourt le disqué hébété, ébahi par tant de talent, par un tel foisonnement d'idées qu'irrémédiablement on ne peut pas s'empêcher de se demander si finalement Ahvak n'en fait pas un peu trop. Car on trouve ici absolument tout ce que l'on est en droit d'attendre d'un album étiquetté post rock in opposition. Je dirais même plus ; on dirait que rien n'a été oublié pour prouver qu'il s'agit bien là d'un disque progressif d'avant-garde... Jamais effrayé à l'idée de cumuler les rôles, Dave Kerman s'engage donc ici dans un nouveau projet hors norme, et bien qu'il ne signe aucun des titres de ce recueil, on retrouve bel et bien dans la musique d'Ahvak des traits communs avec son propre univers. Un peu de U Totem, un peu de 5 UU'S aussi, et même une grosse louche de Present (et d'Univers Zero aussi tant qu'à faire), d'autant qu'il en est devenu désormais le batteur officiel. Une ambiance pesante, des temps composés en veux-tu, en voilà. Des filets mélodiques parfaitement dissonants, des couleurs moyen-orientales. Une pluie de notes qui s'emballent à un rythme effréné, jouant plus que de raison avec les répétitions, et une technicité hors du commun qui s'exprime au travers de structures impossibles à jouer sans avoir la partition sous les yeux ; c'est bien de tout cela qu'il s'agit. Et à l'image des Thinking Plague auxquels ils font immanquablement penser, il y a de fortes chances pour que la musique de Ahvak en concert véhicule autant d'émotion qu'une porte de prison... Les partitions sont tellement millimétrées qu'on se demande encore quelle part de spontanéité reste-t-il aux musiciens, quelle part de vie ? Alors oui, c'est très impressionnant, c'est même carrément monstrueux. Mais bien que je sois familier de ce genre de productions, à l'écoute de ce disque, je finis toujours par me poser la même question : Ahvak, où est ton âme ? (samedi 2 juillet 2005)
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Space comme truc, je vais m'y replonger.