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Yoshihide Otomo: turntables (1-5, 7-12), self-made guitar (2, 6, 12), electric guitar (9), voice (3, 5), whistling (8, 10), surdo (4), agogo bell (4), bath water (8), toothbrush (8), body (8), tubes (8), euphonium (8), reeds (8), toys (8) Sachiko Matsubara: sampler (1-3, 5, 7-12), omnichord (4), voice (5) Yumiko Tanaka: futozao-shamisen (1, 7, 8, 11), hosozao-shamisen (5, 10, 12), kokyu (2), koto (9), taisho-koto (3), voice (1, 3, 5, 7, 10, 12), toys (5) Masahiro Uemura: kit drums (1-3, 5, 7, 9-12), shaker (4), tambourine (4), gong (12), voice (5) Yasuhiro Yoshigaki: kit drums (1-3, 5, 7, 9-12), djembe (1), bass drums (2, 11), cymbals (2, 11), congas (2), pandeiro (4), quica (4, 5), caixa (4), gong (5, 9, 12), goat-hoof jingle (5), tambourines (12), klaxon (12), whistle (12), acme siren (12), vocie (3, 5) Naruyoshi Kikuchi: tenor sax (1-3, 5, 10, 12), soprano sax (4, 7-10), baritone sax (4, 7, 11), voice (5) Mitsuru Nasuno: electric bass (1-5, 7, 9-12), voice (5, 10) Kazuhisa Uchihashi: electric guitar and effects (1-6, 8-12), acoustic guitar (7), voice (5)
Tout a été dit sur Ground Zero, ou presque. Et sur Yoshihide, encore plus. "Plays Standards" vient nous mettre deux baffes, une recto, une verso, histoire de nous montrer que non, on ne connaîtra jamais l'homme aux yeux bridés et à la bonhomie qui confère presque à la béatitude. "Plays Standards", c'est l'album de Yoshihide avant celui de Ground Zero. On savait l'indispensable présence de ses collègues pour construire des objets soniques incomparables (Consume Red, Revolutionary…). Plus que jamais, ils vont aider le maître dans sa volonté de dominer le monde musical nippon. Et sa volonté, ici, est de rendre hommage à ceux qui, selon lui, dominent le monde musical entier dans sa globalité. Evidemment, je ne pourrais faire aucune comparaison avec les originaux qui restent pour la plupart obscurs pour l'occidental que je suis. On y trouve ainsi de la musique brésilienne, de la daube américaine variétoche, de la musique de film, de la musique traditionnelle chinoise ou populaire japonaise. Seul Massacre fait exception, étant le seul combo du lot à être dans mon catalogue de connaissance musical qui en prend un sérieux coup face à tant de référence… (exception faire du morceau de variété américaine que tout le monde connaît, celui de Burt Bacharach) L'album est donc, à l'image de toutes références, d'un éclectisme assez ahurissant. On passe par le jazz (dieu que ce saxo est jouissif !), la musique contemporaine / minimaliste, l'electro soft new age boosté à la croisière s'amuse, la musique de cirque défoncée aux samples dans lequel on croise un vieux John Wayne, Derek Bailey s'invitant sur le plateau de Takeshi Miike (Otomo nous montre à quel point il maîtrise la guitare), de l'ambiance feutrée industrielle jazz, genre "on fait l'amour dans une boite à ordure", etc… On passe par tout ce par quoi on peut passer. Imaginez un peu. Mais mieux que ça, malgré la variété des styles repris ici, Ground Zero garde son identité avec une classe qui force le respect. Parmis tout ces délires musicaux qui filent le vertige, Ground Zero garde son amour des samples façon "coq à l'âne" (un classique, le bruit de klaxon de bagnole durant un passage d'easy listening), ses montées en puissance avec les instruments qui se greffent graduellement jusqu'à l'orgasme (ni plus, ni moins), ses orgies de sons, de notes, son traitement sonore impeccable (la stéréo en prend un sérieux coup dans la tronche !), bref, ce "Plays Standards" reste bel et bien un pur album de Ground Zero, qui sera parfais en guise d'introduction à l'univers sans limite du groupuscule japonais que je vénère les deux mains collées au sol, mais qui ravira aussi les autres fans du groupe qui prennent peur dès qu'on leur parle de musique légère et fun. Excellent. (mercredi 13 avril 2005)
note
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Très bon disque mais qui est assez difficile d'accès tout de même.
Incroyable, comme la samba sans dérapage -très telle quelle, fluide, sentie, apaisante et mélacolique- placée entre ces deux gros foutoirs que sont 'These were the days' (hommage sincère à ce standard-là, à mon avis, même si bien trituré) et la 'Washington Post March (pour le coup bien ironique, si on en juge par ce qu'il en écrit) ne fait pas du tout tache malgré la différence de ton. Ces gens (Otomo mais les autres tout autant) sont vraiment des musiciens complets, pour réussir un coup pareil... Un gars sensible -aussi- ce Yoshihide.
Un accomplissement éclaté/éclatant, ce disque, j'y reviendrai toujours je pense, longtemps. Riche, miraculeusement cohérent derrière son tous-azimuts, fin, réjouissant.
'Miagetegoran, Yoru no Hoshi wo' (la plage 9) est extraordinaire aussi, de beauté directe, avouée, généreuse, débordante.
Exceptionnel, donc, celui-là. Inépuisable, j'ajoute.