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Paris, novembre 1976
Ferdinand Richard (basse, chant), Chris Chanet (saxophone, chant), Guigou Chenevier (percussions, choeurs)
Les arpèges de guitare qui ouvrent "L'amulette et le petit rabin" ne laissent en rien présager de la nature profondément iconoclaste de cette formation française au nom improbable. Peut-être les plus dignes représentants de la scène Rock in Opposition, avant tout pour leur esprit frondeur et ouvertement anarchique, Etron Fou Leloublan a tout simplement instantanément remis au goût du jour le dadaïsme musical, comme pouvait le pratiquer à sa manière leur compatriote Albert Marcoeur. Et c'est bien de ce côté là en effet qu'il faut alors s'orienter pour tenter de trouver un point de comparaison viable : Captain Beefheart, Zappa, mais aussi Henry Cow ou Samla Mammas Manna. Poésie surréaliste, rythmiques dégingandées, foutoir magnifique... La musique d'Etron Fou Leloublan est vivante, et donc bordélique. Soudainement, on se souvient que Soft Machine, quand il avait débuté, ressemblait un peu à ça. Des chansonnettes allumées dont il est parfois difficile de suivre le fil. Faites vous à l'idée qu'Etron Fou Leloublan, c'est autrement plus compliqué. Autrement plus extrême comme manifeste dada. La spontanéité, l'authenticité prévalent sur tout ce qui, dans sa petite mort, est d'habitude prévisible. Derrière une production sommaire qui n'autorise pas les nuances, "Batelages" est un corps sec qui s'agite sous les convuslions de quelques instruments arrache-coeur ; basse, saxophone et une brigade de percussions hétéroclites secouées par Guigou Chenevier, sans oublier ce chant théâtral unique qui, de Chris Chanet sur le premier titre, ou de Ferdinand Richard sur le malsain "Histoire de Graine", transforment ces élucubrations rarement mélodiques, et rarement intelligibles aussi, en saynettes fantasques où tout semble permis. Les Etron Fou Leloublan n'usurpent personne sur la marchandise ; ce sont des saltimbanques dont les acrobaties et les tours de passe-passe laisseront plus d'un spectateur hébété. (jeudi 7 avril 2005)
note
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D'ailleurs je l'avais pas noté celui-là. Il me fait toujours autant d'effet. Dommage que tous ces groupes français soient autant restés dans l'ombre.
De très bons passages, mais mélangés à un peu trop de couillonnades qui rendent l'ensemble un peu indigeste.
Bon début, bien barré. La suite sera supérieure.