jeudi 02 septembre 2010 | 37 visiteurs (dont 1 membre) connectés en ce moment
Vous êtes ici › Les groupes / artistes › A › Alice Coltrane › Ptah, the El Daoud

New York, USA, 26 janvier 1970
Alice Coltrane (piano, harpe), Pharoah Sanders (saxophone ténor, flûte alto, clochettes), Joe Henderson (saxophone ténor, flûte alto), Ron Carter (contrebasse), Ben Riley (batterie)
Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité
Avec "Ptah, The El Daoud", Alice Coltrane franchit un nouveau palier, s'extrayant peu à peu de la formule convenue de ses deux premiers essais. Deux évènements nous le démontrent et, paradoxalement, ce n'est pas le plus voyant des deux qui est le plus important. Tout d'abord, avec l'apport de deux saxophonistes, en la personne de Pharoah Sanders mais aussi le formidable Joe Henderson - on ne le soulignera jamais assez - elle renoue avec le souffle lyrique qui correspond plus fidèlement à l'idée collective véhiculée par l'idiome jazz. Pourtant, pas de hurlements intempestifs ni d'explosions incongrues de anses ici ; comme le démontre sa longue plage titre en ouverture, Alice Coltrane en remet une couche sur l'aspect spirituel et méditatif de sa musique, cette quête éperdue du divin qui, aujourd'hui, ressemble plus à une volonté farouche de renouer le dialogue avec l'être cher. L'autre changement, même s'il n'est pas fondamentalement différent de ce qu'elle nous a laissé entendre jusqu'ici, est, précisement, cette optique introspective, cette célébration de l'âme dans ce qu'elle a de plus symbolique. Lentement mais insidieusement, c'est là qu'Alice Coltrane va trouver sa voie. Et elle le sait à ce moment précis. Jamais revêche, "Ptah, The El Daoud" ne fait qu'une seule concession à ses efforts antérieurs : sur "Turiya & Ramakrishna", la formule du trio fait recette et lui permet de développer un jeu de piano bien plus sensible qu'à l'accoutumée. "Blue Nile" voit les deux souffleurs troquer leurs saxophones respectifs pour un tapis de flûtes évocatrices sur un lit de notes générés par une harpe toujours aussi fascinante alors que "Mantra", long d'un bon quart d'heure, prolonge l'expérience contemplative avec grand effet. A l'opposé de "Journey in Satchidananda" qui en incarne en quelque sorte le prolongement, "Ptah, The El Daoud" ne cherche pas son identité dans la sophistication de ses arrangements mais se réalise pleinement grâce à l'interaction quasi jubilatoire entre chacun des ses talentueux intervenants. (jeudi 21 octobre 2004)
note
Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Ptah, the El Daoud".
Note moyenne : 7 votes
Vous devez être membre pour ajouter une note ou un commentaire sur "Ptah, the El Daoud".
Superbe album, par lequel je découvre l'artiste. Ceci dit, je préfère les deux premiers morceaux aux deux suivants.
C'est un de mes albums préféré d'Alice Coltrane. Déjà très loin de l'épopée Coltrane. Effectivement un album très sage, très spirituel ! Et puis quel régal cette harpe ...
Etonnament, ce disque est bien moins barré que ce que la pochette pourrait laisser croire. Ca reste bien habité quand même.