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1998
Julie Andrews (basson), Martin Ditcham (percussions, batterie), Iain Dixon (clarinette), Mark Feltham (harmonica), Mark Hollis (guitare, chant), Tim Holmes (clarinette), Chris Laurence (basse), Henry Lowther (trompette), Melinda Maxwell (cor anglais), Robbie McIntosh (guitare), Dominic Miller (guitare), Andy Penayi (flûte), Laurence Pendrous (piano, harrmonium)
Des photographies en noir et blanc. Des grands espaces surplombés par un ciel d'un gris clair obscur. Des rangées sans fin d'arbres dénudés sur des routes dont le macadam a été plus souvent malmené par les averses de pluie que par la gomme des pneumatiques. Ou des images citadines au grain fort prononcé. Une foule de gens hagard qui se croisent en permanence sans laisser filtrer la moindre attention. Des gratte ciels mal cadrés. Du mouvement. Puis une chambre d'hôtel. Fatalement. La lumière aveuglante du dehors projète l'ombre des persiennes des murs au plafond. Une myriade d'images. D'instants volés. Des fragments de vie. Des souvenirs. Et un coeur qui bat, et qui souffre derrière sa coquille vide. Un sentiment. L'abandon. Un goût. L'amertume. Un son. Le silence. Tout est calme ici. Tout est si calme. C'est ici que j'aimerais mourir. Entre deux notes lâchées par la clarinette de Tim Holmes. Dire au revoir de la plus belle manière qui soit. Sans regrets. Sans arrière pensées. Les images noires, blanches, se succèdent. Mon esprit se perd parmi les innombrables prises de vue au cadrage furtif qu'évoque instantanément une simple écoute de ce premier album de l'ex-chanteur de Talk Talk, Mark Hollis. Un doux et douloureux prolongement aux évanescents "The Spirit of Eden" et "The Laughing Stock". L'histoire ne change pas. Aucune raison de la changer d'ailleurs. Hollis est parvenu à un dépouillement extrême, à une mise en scène élégamment produite de l'indicible. Sa musique respire comme si chaque bouffée d'air était la dernière. Les instruments vibrent et déchirent le silence d'une soyeuse caresse. Une odeur. Un parfum. Une image. Non, des milliers. Figées mais vivantes. L'album éponyme de Mark Hollis peut s'enorgueillir d'être sans aucun doute l'album pop le plus intimiste jamais enregistré. La vérité qu'il révèle à chaque écoute est la part de nous-mêmes que l'on veut bien y injecter. Sans doute plus qu'un disque. Un vecteur d'images changeantes. Un miroir. (dimanche 1 août 2004)
note
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Ce sont les plus talentueux qui doivent faire oeuvre de silence pour exorciser le vacarme.Such a shame,mon père.