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Philip Glass (1937) › Symphonie n°2

8 titres - 69:25 min

  • Symphony n°2
  • 1/ Mouvement I 17.37
  • 2/ Mouvement II 13.42
  • 3/ Mouvement III 11.55
  • Interlude from Orphée 6.27
  • 5-8/ Concerto pour saxophone quartet et orchestre

enregistrement

Enregistré en Septembre 1996 à The Austrian broadcasting (ORF) Studios, Vienne. Interlude enregistré en octobre 1996 au Liederkranzhalle, Stuttgart. Ingénieur Martin Czembor. Producteur exécutif : Kurt Munkacsi

line up

Vienna Radio Symphony Orchestra ; Dennis Russell Davies (direction)

remarques

Le concerto pour saxophone quartet qui complète le programme de ce disque est chroniqué en lieu et place.

chronique

Styles principaux
musique classique
Styles personnels
musique symphonique-comtemporain

C’est par un accord sombre et continu de cordes, comme des collines au loin, au premier plan desquelles un hautbois reptilien en appelle doucement aux sorcelleries secrètes, que commence, crépusculaire, cet univers troublant. Pour ceux qui ne cherchent plus que les étranges et mystérieuses beautés du monde, ceux que penser ennuie, ceux que les larmes lassent, ceux qui ont bien compris que la raison est vaine et que seule restera la sensation des choses. A ceux-là je souhaite de connaître sans aucun parasite la douce caresse du vent, le parfum d’une forêt aux arbres ensorcelés, le goût de l’eau de source qui jaillit d’une clairière, le chant de mille oiseaux, et le spectacle immense d’une cascade merveilleuse nourrissant les rochers, l’atmosphère et les mousses. Depuis que la terre sonne en un cycle de vie perpétuel et changeant, on en a fait de la musique, on en a exploré des lieux, des jungles, découvert des falaises, travaillé l’harmonie dans une quête de beauté… mais à peine deux minutes après s’être assis là, on se rend déjà compte qu’on ne passe pas assez temps au seul spectacle du monde. Celui-ci est calculé, mathématique, savant et complexe, cyclique et ordonné... l'horloge gigantesque, perpetuelle et sophistiquée. Allongé sur le dos, la main caresse le sol, on goûte au vent qui passe, les narines bien gonflées, les oreilles aux aguets et les yeux grands ouverts, on n’interroge plus rien jusqu’à ce que la nature et ses rythmes multiples nous extraient des pensées pour nous prendre en leurs cycles. Du mouvement millénaire des planètes en rotation, celles-là sont les basses cuivres, à la danse journalière des oiseaux dans les arbres, ceux-là seront les flûtes, les clochettes et aigus des violons virevoltants, les rythmes et séries, les thèmes et les accents se répètent en boucles aux durées respectives, dans un mouvement d’ensemble complexe et multipiste. C’est en suivant l’oiseau qu’on le voit se poser sur un arbre lourd d’années, dont on suit les racines qui s’enfoncent dans le sol vieux de siècles entiers, s’accrochant à la Terre dont le nombre des ans est compté en milliards. Les séries mélodiques aux rythmes saccadés de l’américain Glass s’ajoutent et s’entrecroisent, il y a les thèmes construits, longs et lents à venir, les boucles de note unique perchée dans les aigus, les événements multiples à la saveur unique mais qui ne sont rien d’autre qu’un déjà-vu masqué. Tout est cycle, tout est boucle, tout ce qui passe ici repassera par là, et c’est l’autonomie de chacun de leur rythme qui fera du mouvement une narration changeante. C’est du Philip Glass pur, le maître et ses outils, c’est une danse hypnotique, mélodique et sérielle d’harmonies majestueuses, inquiétantes et superbes, un livre sur les sons et le génie des vagues… c’est très exactement se retrouver enfin au cœur des dynamiques, emporté, exalté, émerveillé et plein du spectacle de toute chose, de la ronde des grands astres au papillon fugace qui se pose où il veut. Dans un calcul savant aux échos infinis un être supérieur aurait créé l’univers, régi par un seul temps, disloqué en échelles… il aurait fait Saturne, la Terre et leurs trajets, la lumière du soleil et jusqu’aux petites bêtes qui se cachent du soleil sous les ombres moussues d’une forêt enchanteresse. Par une technique savante dont il maîtrise chaque point Philip Glass a écrit sa deuxième symphonie, régie par une baguette et divisée en rythmes… il a mis des tubas, lourds, lents et réguliers, il a tissé des voiles de cordes sur plusieurs plans dont les harmonies douces aux reflets de mystères se déploient et se mêlent, et jusqu’aux percussions, roulements, flûtes et cliquetis qui peuplent les silences… pour que tout cela ensemble devienne écosystème, et que derrière les lois scientifiques et austères qui régissent leurs mouvements, le principe de hasard, lui aussi calculé, fabrique les découvertes, miracles et beautés, qui font qu’on en ressort ébloui et comblé (jeudi 6 novembre 2003)

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Alfred le Pingouin › mardi 20 mai 2014 - 16:34  message privé !

Faut vraiment pas écouter ça comme du Glass minimaliste, c'est vraiment de la musique romantique. Pour l'instant je trouve ça barbant, mais j'attend de voir.