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Hansa Studios, Preussenton Studios, Tritonus Studios, Berlin, Allemagne, 1988-89
Blixa Bargeld, Mark Chung, , F.M Einheit, N.U.Unruh, Alexander Hacke
Certains s’étonneront peut-être que j’accorde la note maximale à l’album que beaucoup jugent le plus accessible de Einstuerzende Neubauten. C’est justement pour cette raison ; selon moi le groupe y atteint la perfection de son art puisqu’il arrive à conjuguer approche plus facile et ligne industrielle dure, sans dévier un iota de son axe de travail. Entendons-nous bien sur le sens que j’accorde au mot ‘facile’, il concerne principalement les sons qui sont moins sauvages et saturés que de coutume car les structures de composition, elles, restent audacieuses. Un tour du propriétaire s’impose. ‘Prolog’ se présente comme une narration en trois volets que Blixa Bargeld clôt chaque fois de la phrase ‘wir könnten aber…’ suivie aussitôt d’une cacophonie bruitiste, toujours plus longue, la dernière enchaînant sur ce qui constitue probablement LE tube de Einstuerzende Neubauten, l’excellent ‘Feurio’. C’est effectivement l’un des titres les plus dansants et ses structures ont une approche quasi EBM parfaitement mêlée à des sonorités plus industrielles. ‘Ein Sthul in der Hoelle’ se présente comme une pièce au délicieux parfum de théâtre absurde, un rythme tout bête, une chanson qui a tout d’une comptine populaire ou d’un nursery ryhme, et des textes malsains. ‘Haus der Lüge’ est presque un morceau rock de par sa rythmique et l’importance de la guitare. Il est en tous cas excellent vu son atmosphère sombre et sa mélodie imparable. ‘Epilog’ ne clôt pas du tout le disque et se présente comme une sorte de narration rapide complémentaire de‘Prolog’. S’ensuit une suite de pièces nettement moins accessible. ‘Fiat lux’ tout d’abord, déclinée en trois volets, le premier très ambient, voir relaxant débute par des bourdonnements de mouches pour glisser sur un tapis de guitares où se pose la voix de Blixa qui finit par se taire, laissant divers bruits monter en arrière-plan, ‘tic-tac’, sirènes, grincements, sans jamais exploser. Après plus de 9 minutes de ce régime éclate un rythme aux pulsations de cœur stressé qui donne à l’ensemble un côté presque rituel parfaitement adapté aux ondulations du chant allemand et sa musique particulière. Le morceau qui suit en surprendra plus d’un de par sa rythmique dub ( !)accompagnée de bruits divers…une atmosphère pour le moins singulière. ‘Der Kuss’ s’engouffre dans une atmosphère très cabaret qui colle finalement assez bien au côté théâtral du groupe. Evidemment, ceux qui apprécient un Einstuerzende Neubauten sauvage et rythmé seront déçus. Je trouve personnellement cet album exceptionnel à bien des niveaux. (vendredi 18 juillet 2003)
note
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Note moyenne : 27 votes
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accessibles sur ce cd peut etre , mais en live c'est autre chose...J'ai été à leur concert à paris, à l'époque de la sortie de cet album, avec un copain qui ne connaissait pas. Je lui avais expliqué que cet album était plus accessible, plus cabaret...Et bien je peux vous dire qu'à chaque morceau, il me demandait de quel album était . et quand je lui disais que ces morceaux étaient tirés du dernier album, il était surpris. Le meilleur concert de ma vie c'est eux. Et petite remarque, pourquoi ne pas chroniquer le chef d'oeuvre de fm einheit & andreas ammer , radio inferno? parce que là on touche à un chef d'oeuvre
Je suis d'accord, c'est aussi le fait qu'il soit accessible qui le rend aussi sublime. Difficile de ne pas mettre "6" à un album de EN de toute manière.
J'avais essayé y a quelques années, deux-trois, j'avais pas accroché. J'ai réessayé, ça a l'air vraiment super bon !
Ecouté hier matin - j'avais pas mal de préjugés sur ce groupe avant d'y jeter une oreille (merci à Arte de m'avoir donné envie de les écouter), mais cet album m'a agréablement surpris... Il s'écoute super bien, j'ai beaucoup aimé (seule "Feurio" m'a fait trop penser à du Depeche Mode, ce qui m'a gâché un peu de plaisir - même si elle est bien foutue, faut l'avouer). Donc : "Haus der Lüge" d'Einstürzende Neubauten (je kiffe ce nom de groupe) = poutre.
Excellent album d'un excellent groupe, au fil des années la déflagration sonore se fait plus mure, aiguisée par un sens de la mise en scène particulièrement impressionnant, tout en gardant une force d'impact intacte, Neubauten arrive à titiller du doigt une nouvelle musique, contemporaine, européenne et en ligne direct avec ses ancêtres krautrockers ou autres avant-gardistes. Il faudrait penser à continuer la discographie du groupe, je pense à "Silence is sexy", "Perpetuum mobile" ou "Alles wieder offen", des albums qui font de ce groupe unique, un exemple toujours irréductible des musiques occidentales les plus en pointe et exigeantes !