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Enregistrement juin 1978. Prise de son Alberto Paulin
Atrium Musicae de Madrid : Gregorio Paniagua (direction et réalisation), Beatriz Arno, Eduardo Paniagua, Pablo Cano, Luis Paniagua, Maximo Pradera, Carlos Paniagua ; Instruments : askaules, aulos, aulos calaminos, aulos hyperteleioi, aulos paedikoi, aulos parthenios, aulos pyxinos, aulos teleioi, aulos thracian, baboulion, bakyllion, barbitos, canon (monochordon), clochettes, crécelle, crepitaculum, cymbala, cymbalion, diaulos, dikalamos, discos, echeion, elymos, epigoneion, flûte basse, grelots, hydraulos, kithara, kitharis, krotala, lyra, magadis, monolaus, monochordon, mortarium, nabla, pandoura, pektis, phorminx, photinx, physallis, plagiaulos, psalterion, psalterium, psaltinx, roptron, salpinx, sambyke, seistron, seistron de apublia, seistron de coquilles, sirène de helmholtz, skindapso, syrinx, tityros, trichordon, trigonon, triton-kéras, tympanon, xylophonon.
Ils sont fous ces grecs. Ca commence sur un fracas démentiel de verre, ressorts et un milliers de choses. on s'attend dès lors à ce que cette musique du fin fond des civilisations et dont la liste des instruments utilisés rends réellement perplexe (baboulion, barbitos, crepitaculum. discos, mortarium ou roptron.), soit aussi lointaine que le sont désormais ceux qui l'écoutaient. comme un silence suit l'explosion, on attend. puis arrive enfin la première mélodie ancestrale de ce recueil étrange, qui nous parvient d'une sorte de flûte bizarre et dont le thème lent, plaintif et sombre glace presque le sang. Puis des voix, comme tapies dans l'ombre, viennent reprendre cette ligne un peu gauche. Mais, peu à peu, cette musique «différente» va devenir, finalement, assez familière. Les instruments mélodiques sont à cordes et sonnent comme les instruments propres à la musique japonaise, et c'est précisément à cette partie du monde, et à sa musique, que l'on pense à mesure que le vocabulaire se précise et que les 22 différentes pièces, fragments de papyrus qui constituent le seul témoignage de la musique des grecs, se succèdent. Mélodies très lentes, rythmes très ponctués, arrangements sommaires, clochettes, un coup de cordes, un crotale, un tambourin, et un chant dépouillé qui suit strictement la ligne de l' instrument soliste. Mais cette musique vestige est gauche, abrupte, sèche et déséquilibrée. Les instruments sonnent parfois presque mal, les chants sont comme mal assurés, les rythmes approximatifs, alors que tout cela, pourtant, est d'une déconcertante simplicité d'écriture. Quelques fragments de percussions seules. comme un son d'une petite balle en cuir qui rebondit sur le sol. dix voix s'élèvent soudain ensemble pour déclamer trois mots, siffler telles des serpents puis se taire, en route pour le morceau suivant qui démarre comme une danse folklorique un peu grotesque tant elle est monotone et primitive... ça la rend obsédante. Puis il y a ces marches qui se veulent joyeuses de gazous et trompettes nasillardes, aux sons des tambourins festifs et mous, où le thème semble fin saoul, et assez pathétique. Le morceau suivant est une sorte de poème recito-chanté ponctué de bruits (percussions ? ? ? ?), et de flûtes disharmonieuses. Mais on trouve aussi quelques belles mélodies solitaires à l'instrument soliste étrange... des moments de flûtes envoûtantes... Naturellement, ce disque n' est, et ne pouvait être qu'une curiosité, mais c'en est une assez bonne. Entrer dans le trip de cette musique finalement assez riche du point de vue des effets produits est vraiment déroutant. Certes, on ne découvre aucun miracle éternel légué par les anciens. mais on est ailleurs, incontestablement. (dimanche 15 décembre 2002)
note
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C'est complètement étrange, fou, inattendu comme disque... En tout cas ils ont dû bien se marrer à enregistrer tout ça, et c'est contagieux...