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New York City, USA, 20 janvier 1963 et 20 septembre 1963
Eric Dolphy (saxophone alto, flûte), Charles Mingus (contrebasse, piano, narration), Eddie Preston (trompette), Richard Williams (trompette), Britt Woodman (trombone), Don Butterfield (tuba), Jerome Richardson (saxophone bariton et soprano, flûte), Dick Hafer (saxophone ténor, clarinette, flûte), Booker Ervin (saxophone ténor), Jaki Byard (piano), Walter Perkins (batterie), Rolf Ericson (trompette), Quentin Jackson (trombone), Don Butterfield (tuba), Charles Mariano (saxophone ténor), Jay Berlinger (guitare), Dannie Richmond (batterie)
"Mingus x5" est un album bien curieux. Mais quoi de plus normal puisqu'en définitive il s'agit de Mingus ? Désormais signé chez Impulse! sur lequel il a déjà commis son chef-d'oeuvre, le puissamment lyrique "The Black Saint and The Sinner Lady", et avant son étonnant essai solo au piano, ultime témoignage avant longtemps, Mingus étonne en s'attelant à la réécriture et au réarrangement de certaines de ces pièces les plus fameuses. Et pour semer d'avantage le trouble, il rebaptise quasi tous ses titres ! Mais une oreille bien entraînée reconnaît ces titres sans peine : "II B.S." est une relecture du fameux "Haitian Fight Song" de "The Clown", "I X Love", une adaptation de "Open letter to Duke" sur "Mingus Ah Um", "Better Get Hit in Yo' Soul" est conservé malgré un final complètement escamoté, mais "Theme from Lester Young" est l'autre nom donné à son célèbre "Goodbye Pork Pie Hat". "Hora Decubitus" s'occupe, lui, du répertoire de "Blues & Roots" avec son réarrangement de "E's Flat Ah's Flat Too". En somme, mis à part l'inédit "Celia", le gospel récité, "Freedom", non publié à l'origine sur vinyle, et le standard d'Ellington, "Mood Indigo", tout de même déjà repris sur "Mingus Dynasty", on est à même de se demander quel intérêt à cette redite ? ...Il n'y a pas redite. C'est là toute l'astuce. Avec deux formations d'onze musiciens chacune, dont l'une qui comprend Charles Mariano, impérial sur "I X Love" et "Celia", et l'autre où l'indéféctible Booker Ervin partage la vedette avec le déjà fort prometteur Éric Dolphy, chaque musicien investi dans l'entreprise élève les titres de Mingus vers de nouveaux sommets d'interprétation et de mise en scène. A considérer qu'il s'agit là d'une compilation, c'est définitivement, vous en conviendrez, une compilation qui ne ressemble à aucune autre. Elle révélera aux curieux la richesse de l'univers de Charles Mingus, ses arrangements hors pair, son swing irresistible et son sens mélodique, mais trop peu de sa folie douce. (vendredi 13 septembre 2002)
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