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Vous êtes ici › Les groupes / artistes › S › Franz Schubert (1797-1828) › Quatuors à cordes : "La jeune fille et la mort"-"Rosamunde"

Enregistré en 1951 au Mozartsaal, Konzerthaus, Vienne.
Wiener Konzerthaus Quartett : Anton Kamper (1er violon) ; Karl Maria Titze (2ème violon) ; Erich Weiss (Alto) ; Franz Kwarda (Violoncelle)
La version chroniquée et référencée ici est en fait le 6ème CD d’un coffret regroupant l’intégrale des quatuors à cordes de Franz Schubert par le Wiener Konzerthaus Quartett remasterisée avec le plus grand soin et laissant à nouveau entendre les extraordinaires enregistrements (mono) du quartett, esthètes et engagés. Ce coffret 6 cd ne coutant que 30 euros environ et recelant des versions magnifiques, je ne saurais qu’encourager à son aquisition ! Toutefois, pour les autres, la gravure exceptionnelle du quatuor Alban Berg (Emi classic) est non seulement la référence incontestable, fiévreuse et dynamique, mais elle regroupe en plus ces deux mêmes quatuors précisément… faites votre choix… pour vous y aider, la pochette présentée ici est celle du Alban Berg quartett... hum...
Depuis Haydn, le quatuor à cordes est devenu un genre majeur, soucieux de perfection et à travers lequel les compositeurs ont choisit de montrer à la fois maîtrise, et audace. La plastique extrême de la formation, l’équilibre du nombre, l’expressivité inégalable des cordes rendent le genre tout aussi fascinant que difficile, ambitieux. Beethoven, bien sûr, Brahms ou Shostackovich en sont parmi les plus grands maîtres. Il y eût aussi le merveilleux Schubert. Les deux dernières partitions pour quatuor à cordes du musicien : «La jeune fille et la mort» et «Rosamunde», sont des sommets de la musique de chambre, chefs-d’œuvre parmi les chefs d’œuvre. Schubert, c’est l’élégance, la facilité et la grâce mozartiennes à l’époque des tourments romantiques et des mélancolies. Il nous offre la légèreté, la douceur, mais ne cesse de pleurer. Dans ces deux quatuors, ambitieux et centraux, il laisse aussi sortir la force de ses douleurs, les cris de ses tortures. La parfaite alchimie et auto-suffisance de la formation permettent toutes les dimensions, des moments les plus frêles, aux éclats les plus grands. Lorsqu’il atteint, comme chez Beethoven ou ici, de telles dimensions, un quatuor à cordes tient toujours de l’épure. C’est un espace où tout arrive, tout vit et tout sera dit… une fresque symphonique, entre quatre murs clos. Les rapports de siamois entre les quatre sons remplacent les opposés, suggèrent les longues distances, les différences… tout se passe plus au cœur, tout au creux de ces cordes. «La jeune fille et la mort» s’ouvre sur le tourment ; un cluster tendu qui nous assène le thème, cordes acérées, rythmes marqués, dramatisme mélodique… la mort, et la jeune fille. L’allegro d’ouverture est ainsi une longue expression de peines et de douleurs, on passe de la tempête à l’apaisement fragile… on revient aux démons. Le son brut et esthète propre à la formation est ici employé pour sa force directe, sa texture agressive ; les accalmies lueurs sont quant à elle chargées de pudeur, jouent sur la finesse et le lien des quatre plans sonores, la transparence de l’un, filtrant la note de l’autre… quatre errances solitaires mais qui se tiennent la main. Un quatuor de Schubert c’est un peu comme l’automne. C’est un ballet de feuilles mortes et de couleurs boisées. C’est beau et mélancolique, ça chantonne doucement, campagne au crépuscule, suspendu, nostalgique… et puis le vent se lève ! Ces mélodies délicates s’écoutent comme des confessions. Et c’est là que se trouve la clef extraordinaire de l’art de Franz Schubert, maître de l’élégance romantique, des tourments déguisés. Le niveau d’expressivité atteint dans ces quatuors par le premier violon tient de la voix humaine, et hautement mélodique, il relève de la parole. La joliesse des thèmes, les grâces harmoniques sont autant de conventions expressives, à l’instar des mots, et c’est en confident qu’il faut tendre l’oreille pour entendre pleurer au travers des douceurs de sa musique d’automne, le pauvre Franz, qui nous dit sa tristesse. Et il faut recevoir ses accès tempétueux, cet alto déchirant, violoncelle comme le vent, par lesquels le maudit nous hurle son effroi. Voici deux immenses pièces, où la maîtrise formelle, esthétique et sonore est toute vouée au service de la sincérité. 4 instruments, 4 frères indivis, un seul objet sonore ; chacun de ces quatuors est une leçon de musique… mais chacune de ses notes est née dans la douleur. (lundi 15 juillet 2002)
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Magnifique piece de musique! Je possede cette version et une autre version par le Brodsky Quartet qui est tres tres bonne aussi.