
dimanche 19 mai 2013 | 39 visiteurs (dont 1 membre) connectés en ce moment
Vous êtes ici › Les groupes / artistes › S › Archie Shepp › Fire music

Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, New Jersey, USA, mars - février 1965
Archie Shepp (saxophone ténor), Ted Curson (trompette), Virgil Jones (trompette), Joseph Orange (trombone), Ashley Fennell (trombone), Marion Brown (saxophone alto), Reggie Johnson (contrebasse), David Izenzon (contrebasse), Joe Chambers (batterie), J.C.Moses (batterie), Roger Blank (batterie), Fred Pirtle (saxophone bariton)
Cette réédition digipack 20 bit comporte une version en concert de "Hambone" de 11 minutes et 51 secondes, portant la durée du disque à 51 minutes et 31 secondes...
Avec les années, on peut se demander si Archie Shepp ne restera pas finalement dans l'histoire du jazz comme une figure emblématique de son époque. Et seulement cela. C'est conscient de ce rôle que, de nos jours, il poursuit tant que faire se peut ses activités ; aucun de ses travaux récents n'étant hélas à même de rivaliser avec l'aura de ses tous premiers enregistrements. Et même dans ce cas de figure, il y aurait en définitive moins de choses à dire sur sa musique elle-même que sur son influence indéniable sur le courant d'avant garde, de par ses positions politiques radicales et tranchées qui en fit un des fers de lance de ce que l'on appellait alors le "Black Power". Shepp est un homme de lettres. "Fire Music" traîte exactement de cela ; en parlant des laissés pour compte ("Los Olvidados"), en prenant parti pour les Cubains ("Hambone"), en rendant hommage au leader des Black Panthers ("Malcolm, Malcolm, Semper Malcolm"), Archie Shepp semble vouloir coûte que coûte faire parler la poudre, à défaut de pouvoir jouer avec le feu. Malgré tout ce que l'on a bien pu lire, cet album quelque peu inégal n'est pas à la hauteur de sa réputation mais fait plus facilement office de photographie jaunie agraffée dans nos livres d'histoire, pour ne pas oublier. Le langage est free, certes, mais loin de l'incandescence des jeunes années d'un Pharoah Sanders, du génie d'un Ornette Coleman ou du jusqu'au boutisme d'un Albert Ayler. Il y reconduit une nouvelle fois l'option délicate qui le voit jouer sans pianiste, conférant à sa musique ce sentiment inconfortable - et donc plaisant - de ne jamais céder à la facilité ; une musique fébrile dont le caractère incertain et ambigu nous force à rester perpetuellement sur nos gardes. L'ironie veut que la version bonus en concert de "Hambone", titre emblématique pour son thème peu conventionnel et ses multiples signatures rythmiques, soit le seul titre qui nous permette ici d'écouter la puissance et la technique incroyable d'un Archie Shepp qui joue, enfin, sans filet. (samedi 8 juin 2002)
note
Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Fire music".
Note moyenne : 8 votes
Vous devez être membre pour ajouter une note ou un commentaire sur "Fire music".
Je trouve ce Fire music très bon et très inspiré. Aucun moment d'ennuis et sa groove un max. Les structures sont alambiquées et j'aime beaucoup quand Shepp joue avec les silences. La tension est permanente et les moments d'explosion Free sont dantesque. Feeling Bluesy imparable. Archie nous démontre tous l'étendue de son immense talent et c'est bien en cela que c'est le principal après tout, pourvue que la musique, quant à elle soit bonne.
Je trouve personnellement cet album trés bon, quoi qu'un peu déçu par la version de "The girl from Ipanema" qui aurait à mon avis pu être bien meilleure... En tout cas, comme sur tout ses enregistrements, j'adore le son rugueux d'Archie Shepp !