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Jeffrey Koepper › Arctisonia

cd | 7 titres | 72:44 min

  • 1 Arctic Sunrise [8:00]
  • 2 Illulissat [10:25]
  • 3 Ice Flow [5:48]
  • 4 Snow Sequence [10:50]
  • 5 Glacial [7:13]
  • 6 Avalanche [20:53]
  • 7 Greenland [9:31]

enregistrement

Enregistré, mixé et masterisé aux Analogueland Studios, Baltimore, Maryland.

line up

Jeffrey Koepper : Oberheim, Arp séquenceur, Moog, Mini Moog, PPG Wave, Emu, Prophet 5 Korg Wavestation et Roland Jupiter 4, 6 & 8 et Sequential Circuits

remarques

Pour en savoir plus sur Jeffrey Koepper et entendre des échantillons sonores, visitez son site web; http://www.jeffreykoepper.com/press.html

chronique

Styles principaux
musique électronique

Il y a des albums comme ça! Des albums difficiles à décrire tant la musique est riche et diversifiée et que, surtout, les rythmes pleuvent de partout et sous n’importe quel formes. Pourtant ce n’est pas la 1ière fois que mes oreilles croisent la douce musique de Jeffrey Koepper. Douce! Parce que le synthésiste Américain réussi à survivre à travers cette jungle de diversité qu’est la MÉ en offrant une musique construite entièrement avec des équipements analogues. Ce faisant, et avec l’expérience croissante d’album en album, Jeffrey Koepper offre des opus d’une richesse musicale qui se renouvelle à chaque nouvelle parution. Arctisonia est voué au tumultueux monde des glaces. Et chacun des titres du 7ième opus de Koepper raconte son histoire; des histoires où la féerie d’un monde de cristal est en perpétuel mouvement sur des structures séquentielles aussi étonnantes que diversifiées et des synthés aussi lyriques que poétiques. Arctic Sunrise nous convie à ce voyage musical Arctique avec de délicates nappes de synthé qui gambadent légèrement, traçant un doux mouvement minimalisme dodelinant. Des nappes qui valsent mollement et s’entrecroisent, telle une mer offrant milles vagues aux couleurs du prisme sous des effets sonores analogues cosmiques. Une pulsation émerge et façonne une structure rythmique qui bat lentement sous une nuée d’accords limpides pour ainsi rendre une fine mélodie prismatique qui étale ses harmonies sur un délicat rythme hypnotique qui se fond à l’intro linéaire et morphique d’Illullissat. Après 2 minutes d’ondes ondoyantes les premières mesures séquentielles émergent. Elles battent avec une bonne vitesse sur un mouvement d’alternance dans les frappes. Un rythme sautillant et un brin saccadé qui se couvre de délicieuses couches de synthé aux arômes de Michael Garrison. Tout simplement jouissif! Le rythme d’Illulissat augmente sa profondeur avec un scintillant chapelet d’arpèges limpides qui sautillent en harmonie avec l’approche séquentielle alors que les couches de synthé alourdissent l’ambiance de leurs filiformes envols torsadés où de lourdes pulsations et effets sonores analogues ponctuent Illulissat d’une profondeur cosmique avec ses bribes de solos hésitants qui chapeautent son évolution. Arqué sur cette structure cadencée, Illulissat dévie tranquillement sur ses ondes sinueuses jusqu’aux portes d’Ice Flow et son suave tempo de langoureuse Rumba. Tout le contraire de son appellation Ice Flow coule avec énormément de chaleur sur un beat sensuel recouvert de chevrotantes couches de synthés qui flottent au-dessus de fines percussions moulées à même les mouvements sensuels latins et dans une captivante ambiance cosmique. Snow Sequence se passe en 2 temps. Tout d’abord il y a cette intro où des accords de claviers façonnent une lente marche du froid avec des notes qui tombent et résonnent tel un mouvement séquentiel aux délicates pulsations entrecroisées. Des battements limpides qui avancent tels des pas de loups alors qu’en arrière plan se dessine un mouvement séquentiel houleux et saccadé qui ondule parmi ses notes carillonnées et de délicieux serpentins synthétisés qui couvrent ce rythme en constante évolution. Un rythme qui prend de l’ampleur avec cette séquence qui vrille en spirale ascendante sous de belles nappes de synthé mellotronné. On dirait vraiment une danse de flocons de neige qui tombent d’un ciel bleu écarlate et qui graduellement essuie les vents d’une tempête incarnée par un synthé aux souffles hurlant sous un manège séquentiel hoquetant qui n’est pas sans rappeler certaines approches de Steve Roach. Glacial est un lent mouvement atonal où les souffles de synthé s’entrecroisent dans un univers très glacial. Un titre qui respecte son appellation, comme la majorité des titres d’Arctisonia, et qui se jette dans le turbulent Avalanche et son intrépide voyage séquentiel où de superbes accords de synthé courent et dansent avec une étonnante cohésion avec les solos migrateurs, des lourdes nappes résonnantes et des séquences nerveuses qui dessinent une houleuse structure au rythme chaotique. Jeffrey Koepper maintient ce rythme infernal, sauf pour une très brève accalmie en milieu de parcours, tout au long des 20 minutes avec de lourdes vagues de synthé menaçantes qui moulent les énormes lames de neiges qui dévalent les flancs de montagnes. Après cette douce période de calme, approximativement 90 secondes, le rythme devient plus lourd et les séquences pilonnent un tempo ardent avec des frappes indisciplinées qui résonnent avec force sur une structure hoquetante où les sinueuses couches de synthés vallonnent une furieuse structure nourrie de superbes accords cristallins qui dansent tels des diablotins sur les désastres des neiges. Après cette énorme tempête séquentielle nous tombons dans le calme relatif de Greenland avec son intro qui ondoie sous les couches d’un synthé sinueux. Le calme après la tempête, Greenland est la plus lyrique et poétique des pièces d’Arctisonia avec ses menaçantes couches de synthé résonnantes qui s’enlacent et flottent sous de fines pulsations et des accords de claviers minimalismes qui tracent une cadence de verre. Une cadence de glace aux riches reflets prismatiques qui est la force d’Arctisonia. Arctisonia est un puissant album de MÉ qui commande plusieurs écoutes avant d’en saisir la pleine dimension sonore. Un album qui dépeint merveilleusement les coups de climat inattendus du monde Polaire, Arctisonia bouillonne sur des rythmes et contres rythmes qui s’affrontent sur des structures en perpétuelles permutations et des structures musicales où les synthés arborent une riche incandescence sonore que l’on ne sait plus où donner de l’oreille. Arctisonia n’est pas vraiment du Berlin School, c’est par contre une musique riche en émotions et en visions musicales qui sied fort bien les besoins d’un auteur dont la musique analogue n’a plus de secret. Un grand album de Jeffrey Koepper qui va plaire aux mordus de musique analogue, et aux fans de Michael Garrison et Jean Michel Jarre de sa période Oxygène à Chants Magnétiques, car tout ici est différent tout en étant familier. La MÉ analogue a quelque chose de bien différent. Du relief et une touche personnelle de son auteur qui ici démontre qu’elle n’a aucunes frontières, autant dans le temps que dans l’imagination. (mardi 10 mai 2011)

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