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Esa › The Ovum Caper

cd | 15 titres | 54:49 min

  • 1 Epic of epic
  • 2 Monde capricorn
  • 3 Lost time
  • 4 DA
  • 5 Do the clop
  • 6 06
  • 7 Rumours
  • 8 Shelley Duvall
  • 9 Finally Dmitri
  • 10 Comic struck
  • 11 Freclem
  • 12 Woods & gullies
  • 13 Crayon gurn
  • 14 Rumours (reprise)
  • 15 15

extraits vidéo

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line up

Esa Shields

remarques

Pour écouter des extraits : http://gagarinrecords.com/?str=releases&id=1582 Pour vous procurer l'album: http://www.stora.de/index.php?goto=artikel&index=gr2031 [cette chronique fait référence à une ancienne version de l'album, par conséquent elle s'autodétruira dans 7165765 secondes... 7165764... 7165763...]

chronique

Styles principaux
ambient
electro
ovni inclassable
pop
Styles secondaires
psychédélique
Styles personnels
loner

Embêté, je suis. Comment vous parler de The Ovum Caper ? Il est un de ces disques fugaces que l'on est tenté de ranger un peu vite dans le coin "mignon mais pas renversant", puis qu'on découvre enfin, le temps que son coeur de miel infuse dans la théière de notre mémoire... Avant de se demander si on avait pas tout bonnement rêvé. Et si ce disque n'existait pas ? Et si son auteur décidait de rappeler le songe et de rendre à leur état de mirage ces harmonies arrachées du pays imaginaire, quelque part entre le bateau du capitaine crochet et les cascades bleues aux fleurs géantes... Pour rendre aux fées ce qu'il leur a volé. Le doute, jusqu'au bout, subsiste. The Ovum Caper est un album difficile d'accès tout en étant d'un éclat soyeux et accueillant, d'une douceur tamisée. Long, périlleux, abondamment riche, il ne se laisse apprivoiser qu'après plusieurs écoutes, notamment au casque, pour apprendre à lâcher prise, à laisser opérer son charme mi-vénéneux mi-enfantin, tout simplement d'un autre monde... Tant et si bien que ce doute, ce flou, cette impression de retour en enfance, dont on se dit qu'elle va bien finir par passer (ces choses là sont éphémères...)... Et bien, tout cela dure. Ecoutes après écoutes, mois après mois... Et alors on comprend qu'on a affaire à un chef d'oeuvre. L'influence planante de Panda Bear qu'on avait cru y déceler au premier abord se mue en une sorte de mélange amer et au goût de bonbon chimique entre Robert Wyatt, Boards Of Canada, Stina Nordenstam, et probablement d'autres fantômes inconnus au bataillon. Peu de disques de pop au monde sont aussi aboutis et singuliers dans leur traitement sonore, dans leur audace, dans leur prédilection pour les harmonies bizarres, pour les mélodies "fausses" au premier abord, comme chez Boards of Canada... Mais dans un contexte de pop ultra raffinée et psychédélique à la Todd Rundgren. Et c'est encore loin du compte, puisque Esa utilise des sons électroniques actuels, mélangés à des claviers vintage et des percussions typiques de la pop sixties... Rien à faire, ses structures se dérobent comme des lapins blancs dès l'intro faussement progressive (Epic of Epic), sa voix androgyne et haut-perchée ne ressemble à aucune autre, si ce n'est peut-être au timbre de Clodagh Simmons. Parmi ces 15 bulles de nerfs et de lumière rougeoyantes comme des lava lamp, seule une semble délaisser son bienheureux univers utérin pour déambuler au grand air, montrant ses plus belles plumes, exacerbant tous ses talents. Il s'agit de Monde Capricorn, tube pour surboum day-glo de l'an 3000, quand les hommes seront devenus des dauphins. Tout le reste évolue dans les fonds marins tropicaux de la nostalgie. Les sons percussifs sont assourdis, relégués au second plan (encore que celui-ci semble instable, et se retrouve au premier plan de temps à autre), laissant la part belle à ces mélodies qui n'obéissent qu'à leur propre apesanteur, leur propre lois de la gravité, fluctuantes et irréelles. Plus qu'un disque surréaliste, c'est un disque irréaliste. On savoure ainsi une extase un peu naïve et fluorescente, mais toujours exquise (chaque titre est un véritable monde à lui tout seul), jusqu'à Finally Dmitri. Après cela, on sent que quelque chose s'est cassé. Le disque entre en clopinant dans un recoin plus sombre, et commence à enfiler de manière inquiétante les hyper-ballades au son altéré. C'est la deuxième partie du trip, qui plonge dangereusement dans un puits d'acide sans fond (Crayon Gum). La fin du voyage sera difficile, paralysé par la fièvre entre les draps tye-dye, avant l'expulsion des démons en un dernier spasme Barettien et tétanisant... Puis enfin l'éclaircie finale, la voix chevrotante mais le coeur léger. Voilà. The Ovum Caper : abstrait mais tellement évident, tout entier nimbé de cette lumière des matins de la petite enfance, recouvrant dans une harmonie d'une beauté indescriptible la tumeur des jours seuls, l'angoisse et le regret... Et ces sons venus de tout en haut, fréquences captées d'un autre hémisphère. C'est un honneur que de pouvoir vous parler de cette merveille, dénichée parmi des myriades de voix réclamant leur heure... "J'ai l'air dans la lune/Mais je veille/Sur un grain de toute beauté". Je suis gratitude. (vendredi 6 novembre 2009)

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dariev stands › samedi 20 septembre 2014 - 16:53  message privé !
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MaxwellsDemon › lundi 9 avril 2012 - 20:59  message privé !

la voix me fait penser à la chanteuse de thinking plague...

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MaxwellsDemon › dimanche 18 mars 2012 - 18:02  message privé !

thumbs up !

Note donnée au disque :       
dariev stands › dimanche 18 mars 2012 - 16:58  message privé !
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Clip de Monde Capricorn : http://www.youtube.com/watch?v=lNBMWX6ttGA ; album toujours dispo ici : http://www.mediafire.com/?1sw7sf4ss5q9qds

Note donnée au disque :       
ewins › lundi 10 janvier 2011 - 19:04  message privé !

Ca fait un bout de temps que je l'ai maintenant cet album et je crois que je comprend ce que tu veux dire dans la chro, malgrès les apparences c'est vraiment pas évident de rentrer dedans. Il faut vraiment être dans le bon état pour l'écouter et ça m'est pas arrivé dès la première fois, et même maintenant après un nombre d'écoutes assez conséquent y a des fois j'arrêtes au bout de deux morceaux. Mais quand ça passe y a vraiment quelque chose d'indescriptible dans cette musique, j'ai malheureusement peu d'occasions de vraiment m'y plonger et je n'ai donc pas exploré tout ça autant que je voudrais donc j'ai pas vraiment envie de donner un avis qui pourrais sonner définitif, mais pour l'instant je suis pas déçu merci Dariev d'avoir partagé cette perle.