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Philippe Rey (pim), Eric Camara (pam), David Loquier (poum)
Une fois n’est pas coutume, nous allons parler de math-rock. Cette fois il s’agit de Sincabeza, formation bordelaise qui aurait pu s’appeler "sans-tête" sans que ce soit étonnant pour le style, puisqu’elle officie dans le même giron que Cheval de Frise ou Chevreuil ; à savoir un post rock bien techniquos et filandreux à foison. Délicieux, nous dit l’amateur de structures tortueuses. Monochrome, nous dit le fondu de post rock groovy et psychédélique. Et pourtant ces types sont des farceurs : le 2eme morceau s’appelle "Dimanchemartin", de quoi faire décocher des sourires nostalgiques à bien d’entre nous… "04" (la troisième piste, ha ha !) nous transporte, pour un trop court laps de temps hélas, dans les ruines d’un temple aztèque aux dont les dalles piégées se déclenchent sous nos pas dans un crissement rauque. A l’inverse "… ni les équations" fait durer son mécanisme volontairement grippé d’arrêts suivis de redémarrages soudains un peu trop longtemps… "Siropsport", lui, fait péter le canevas rythmique de "Jumpin’ Jack Flash" des Stones (non, pas d’allusion à Roger Glover, moi aussi j’ai cherché) à coups de machette-guitare défrichant des mauvaises herbes au motifs tentaculaires. "Banditmanchot" nous promets monts et merveilles avec son intro chaotique, mais retombe assez tôt dans le cliché du math rock qui range tout bien soigneusement, se fiant à un ordre qui, en dépit de son incontestable complexité, risque d’ennuyer l’auditeur. La richesse et la variété sont pourtant bien là, mais la sauce ne prend qu’à moitié, laissant une odeur mi-fade mi-amère dans l’oreille. "Non, rien" tente bien d’imposer un peu de nouveauté avec son accordéon introverti et inhibé (et passé à l’envers peut-être ?), mais encore une fois, son statut d’interlude interdit l’instauration d’une ambiance qui aurait pu se révéler intéressante à creuser. Le final «Waar het om gaat» fait un peu miroiter des sons électroniques avant de finalement imploser (l’ennui, sans doute), avant qu’un morceau caché presque glitch à l’intro rigolote (quelles voix de matheux… pardon pour le cliché) n’achève l’affaire sur une note moins conventionnelle. Une bonne livraison de math rock, bien jouée et bien emballée (artwork plutôt sympa), mais rien de plus, hélas. (lundi 21 janvier 2008)
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Salut, Le nouveau projet du batteur de (feu) Sincabeza s'appelle RougeGorgeRouge et on peut écouter une démo ici : rougegorgerouge.bandcamp.com Enregistrement du 1er album début août