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Morrissey › Vauxhall and I

11 titres - 39:53 min

  • 1/ Now My Heart Is Full
  • 2/ Spring-Heeled Jim
  • 3/ Billy Bud
  • 4/ Hold On To Your Friends
  • 5/ The More You Ignore Me
  • The Closer I Get
  • 6/ Why Don't You Find Out For Yourself
  • 7/ I Am Hated For Loving
  • 8/ Lifeguard Sleeping
  • Girl Drowning
  • 9/ Used To Be A Sweet Boy
  • 10/ The Lazy Sunbathers
  • 11/ Speedway

enregistrement

Produit par Steve Lillywhite, 1993

chronique

Styles principaux
pop
rock

L’heure de vérité… Je te vois. Tu as souffert mon ami. Tu es fatigué, épuisé de devoir rendre des comptes, d’être pris pour ce que tu n’es pas. C’est tellement frustrant… Tu voudrais que quelqu’un t’entende… mais personne ne veut écouter. Ou si peu. Tu dois leur prouver que tu peux te redresser après toute les crasses qu’on a dites sur toi. Que l’époque des Smiths est bel et bien révolue et que tu ne regardes plus en arrière. Oh, je sais… il y’a tant de larmes à l’intérieur de ton corps qu’en ouvrant les yeux tu risques de noyer tout le monde, mon vieil ami. Mais il le faut. Redresses-toi. Bas-toi ! Voilà, comme ça… "Now My Heart Is Full". Il s’est passé quelque chose à l’intérieur, allez avoue, tu peux tout me dire tu sais… on a fait du mal à Momo. On lui a écorché le cœur… je sais, t’inquiètes, je suis au courant. Mais oui, chiale un bon coup, vas-y vieux, te retiens pas, chiale dans mes bras. Tiens, prends un mouchoir, ça va mieux ? Non ? Merde… qu’est-ce que je peux faire ? Ces guitares si pures, plus pures encore qu’elles ne l’étaient quand Johnny en caressait les cordes avec la délicatesse du tisserand… Tu sembles avoir retrouvé tout ce lyrisme aveuglant, toute cette pureté de ton que tu avais au temps du groupe. Cette fois-ci, l’alchimie entre tes musiciens et toi est totale : les acoustiques et les électriques se comprennent enfin. Les mélodies coulent, dorées, sucrées, gorgées de larmes, et tu donnes tout ce que tu as dans le cœur, sans peur du pathétique. Et ces titres, tous poignants, tous beaux à en chialer. "Plus tu m’ignores, plus je me rapproche", "On me déteste parce que j’aime", "Fatigué d’être un gentil garçon"… c’est tout toi ça. La mélancolie tétanisante de "Hold On To Your Friends", la seule ballade que tu aies faite qui puisse prétendre dépasser toutes celles des Smiths dans mon cœur… Enfoiré ! Salaud ! N’as-tu pas honte ? Tu devrais… Tu sembles me répondre que c’est le cas, sur "Used To Be A Sweet Boy" et "The Lazy Sunbathers", deux mélopées extirpées des Limbes qui m’évoquent les plus belles ballades du Loner. Toute cette douleur à l’intérieur. Je t’écoute et je comprends, parce qu’on se bat ensemble mon gars – à la vie à la mort. Si tu tombes, je tombe : c’est comme ça depuis que j’ai entendu Queen Is Dead pour la première fois, et je me rends compte à présent que tu n’as jamais fait de faux pas depuis le début, musicalement parlant bien sûr. T’as toujours été toi, on peut pas te l’enlever. "Lifeguard Sleeping, Girl Drowning" ne me contredira pas... Tu as froid, tu trembles, les bougies vacillent autour de toi tandis que les rideaux ondulent, la fenêtre est ouverte : il ne reste plus qu’à se jeter. Le doux larsen de "Spring-Heeled Jim" et sa plongée en apnée au cœur de ton âme noircie par les autres : là aussi tu sais te faire plus obscur que jamais, sur ce morceau torturé, une ballade viciée faite pour résonner dans la tête des solitaires. Il y’a un cœur qui bat dans chacune de ces chansons, et une tristesse volontiers parsemée d’humour en demi-teinte quand tu te sens la force de sourire ou de jouer la carte du glamour possédé une dernière fois ("Billy Bud", qui sonne très Bowie). Y a de quoi en avoir les jetons de te voir partir dans un trip pareil, te voir ainsi, entier, brrrr. Et puis comme s’il fallait faire encore plus mal, tu saisis une tronçonneuse pour abattre les derniers sursauts de joie, dans le morceau final... Quand le disque s’achève sur le rock malade et tourmenté qu’est "Speedway", lézardé par ces guitares qui semblent gémir d’agonie sous le pathos de ta voix et achevé comme une bête malade sur un final martelant, je me rends compte que jamais tu as rarement été aussi vrai, sincère, aussi juste. (lundi 14 janvier 2008)

note       

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Twilight › mardi 7 août 2012 - 18:10  message privé !
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Aaah, le Moz, on ne le changera pas ! ^^

Jacques Capelovici › mardi 7 août 2012 - 17:36  message privé !

http://www.guardian.co.uk/music/2012/aug/06/morrissey-olympic-games?newsfeed=true

Potters field › mardi 15 janvier 2008 - 12:01  message privé !
les meilleurs disques sont pas forcement ceux sur lesquels on poste des commentaires de 10 lignes. la preuve.
Note donnée au disque :       
Lapin Kulta › lundi 14 janvier 2008 - 21:56  message privé !
Je plussoie Simonette.
saïmone › lundi 14 janvier 2008 - 19:37  message privé !
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Il me faut ce disque disais-je