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Black Flag › My war

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AlXX      lundi 12 mai 2014 - 21:52
taliesin      jeudi 3 janvier 2008 - 20:15
No background      mercredi 31 août 2011 - 15:40
hell      samedi 21 mai 2011 - 09:38
Buko      vendredi 30 octobre 2009 - 15:15
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moustache      lundi 30 mai 2011 - 22:08
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juj      vendredi 4 janvier 2008 - 10:01
spluuk      vendredi 5 février 2010 - 16:29
sourdicus      vendredi 22 octobre 2010 - 15:47
Marco      vendredi 4 janvier 2008 - 09:53

9 titres - 40 :41 min

  • Side A
  • 1/. "My War" – 3:46 (Dukowski)
  • 2/. "Can't Decide" – 5:22 (Ginn)
  • 3/. "Beat My Head Against the Wall" – 2:34 (Ginn)
  • 4/. "I Love You" – 3:27 (Dukowski)
  • 5/. "Forever Time" – 2:30 (Ginn/Rollins)
  • 6/. "The Swinging Man" – 3:04 (Ginn/Rollins)
  • Side B
  • 7/. "Nothing Left Inside" – 6:44 (Ginn/Rollins)
  • 8/. "Three Nights" – 6:03 (Ginn/Rollins)
  • 9/. "Scream" – 6:52 (Ginn)

enregistrement

Enregistré en Décembre 1983 - Produit et mixé par Spot

line up

Greg Ginn (guitare, production), Henry Rollins (voix), Bill Stevenson (batterie, production), Dale Nixon (Basse)

remarques

Pochette de Raymond Pettibon

chronique

Styles principaux
hardcore
punk
Styles secondaires
old school
sludge
Styles personnels
hardcore west-coast / proto-sludgecore

Maintenant que les Melvins et Eyehategod sont devenus des groupes communément « cultes », il serait peut-être temps de réhabiliter « My War », deuxième méfait du drapeau noir. Vous me direz : « ouais, il va encore nous faire son justicier découvreur », mais jugez plutôt ce qu’on trouve dans le « Dictionnaire du rock », pourtant un des rares ouvrages sérieux et ultra-objectifs sur le sujet, quoiqu’on en dise : « [sur My War] Black Flag dérape vers le heavy metal, empilant les chansons trop longues, les soli pénibles, le tout empaqueté dans un son clinique et propret ». Il faut le lire pour le croire ! Bref, qu’en est-il vraiment ? Pourquoi My War est-il tellement à part ? Et avant tout, qu’est-ce qui a changé depuis « Damaged » ? D’abord, Robo, le batteur, a été remplacé par l’excellent Bill Stevenson, des Descendents, qui sonne ici comme si il avait enregistré par Steve Albini (c’est pratique, je n’avais pas d’adjectif qualificatif pour dire « la batterie sonne sa race »), et Chuck Dukowski, le bassiste, sans doute esseulé par les tournées incessantes (Black Flag ne doit sa réput’ immense qu’à son acharnement à jouer encore et encore), se casse au profit de … Dale Nixon ! Non, ce n’est pas le fils du Richard, mais bien le pseudonyme de Greg Ginn, qui faute de remplaçant (Kira Roesler arrivera peu après) empoignera la basse pour enregistrer l’album. C’est qu’ils en avaient marre d’attendre : depuis les démêlés avec Unicorn, sous-label de MCA qui ne veut plus sortir leurs disques (cf « Damaged »), les Black Flag n’existaient plus qu’à travers leurs concerts (d’où leur fréquence) ! Mais en 84, Ginn – qui reste seul maître à bord dans Black Flag – décide de frapper un grand coup avec 3 albums sortis presque consécutivement, comme pour fêter la faillite d’Unicorn, et par la même, leur libération. Et la pochette est assez éloquente : c’est un coup de poignard rageur que le groupe plante dans le dos de MCA. Le groupe a alors atteint le sommet de la notoriété hardcore à force de shows convulsifs. Et ce « My War » tant attendu, avec son titre tendancieux (« Mein Kampf » ?) et sa pochette de mauvais goût (sa coupe de cheveux Hitlerienne me rend malade), porte la marque du dégoût terminal de Rollins et de Raymond Pettibon. Alors, à première vue, rien n’a changé, la première face est du Black Flag pur et dur, avec un son bien plus abouti que sur Damaged, et des solos toujours aussi dégueulasses et dissonants de Ginn. 6 bombes de hardcore sans concession et au pessimisme épais, palpable. Sauf que, sauf que… La face B. Mais ne parlons pas tout de suite de la face B, si vous le voulez bien. Le premier changement, avant toute chose, c’est que Rollins écrit tous les textes ! Car ne l’oublions pas, la plupart des chansons de Damaged étaient déjà écrites avant qu’il intègre le groupe ! Et là, on a droit à des paroles d’une acuité et d’une cruauté encore jamais vues, véritable plongée dans l’esprit de leur auteur, homme seul face à la paranoïa (« My War »), l’indécision (« Can’t decide »), la jalousie (« I Love You »), et surtout, l’enfermement du style de vie moderne des années 80, que ce soit en Amérique ou en Europe, d’ailleurs. « Forever Time » et le génial « Beat My Head » sont des perles, surtout cette dernière, merveilleuse à écouter quand vous allez bosser la gueule enfarinée, à pied sur l’autoroute, après avoir pris deux bus et speedé pour faire un truc que vous n’avez pas envie de faire, avec des gens qui vous insupportent. La combinaison des riffs de Ginn et de la voix mal dégrossie de Rollins fait mouche (tout comme les Minutemen feront, sur le même sujet) : cette torpeur traînante, suivie de cet accès d’euphorie ironique (« Swimming in the main stream/Is such a lame dream », tu l’as dit, mec), cible parfaitement les états d’âme d’un homme qui réalise soudain l’absurdité du fleuve capitaliste urbain dans lequel il ne peut que gesticuler, puis couler. Ce qui ne peut qu’amener à toucher le fond : nous voici sur la face B. Sang, suie et larmes. Ces trois titres, de plus de 6 minutes chacun, sont incontestablement le chaînon manquant entre Black Sabbath et le Sludge, voire le Doom. Je m’explique : c’est après avoir écouté « Born Again » du Sab’ (et Eliminator de ZZ Top… sans blague), que Ginn et les autres décident de fomenter cette véritable pataugeoire mouvante, qui provoqua bien sur son petit tollé au sein des punks ricains les moins ouverts, eux qui ne juraient que par la course à la rapidité de jeu. Vous me direz, cette course-là, on la connaît bien, elle a encore duré plus de dix ans au sein du métal ! Qui donc a pu être influencé par cette black flaque de boue sortie de nulle part ? Hé bien les Melvins (Dale Nixon, ça vous parle ?), premièrement, même s’ils mettront un certain temps à digérer le choc, puis Eyehategod, ainsi qu’un certain gamin appelé Josh Homme et – en somme – tout ce qui était exagérément lent, lourd, sale et déstructuré à la fin des 80’s. Si musicalement, on garde le son de la face A pour mieux le mettre en lambeaux, ralentissant le tout jusqu’à la nausée (insoutenable « Scream), les lyrics plongent carrément au cœur de la névrose Rollins-ienne. Vision du couple comme un enfer sur terre, haine de soi viscérale et retournée sur l’autre par dépit tel un couteau de boucher (« I wanna make you feel like you make me feel »), le tout non plus éructé mais proprement « agonisé » par un Henry Rollins qui en a gros sur la patate. Laissons lui d’ailleurs le mot de la fin, pour la phrase finale du disque, qui résume, en substance, ce que bien des hurleurs essaieront plus tard de déguiser sous le fard et le gore : « I might be a big baby / but I’ll scream in your ear / until I find out / just what it is I am doing here ». (mardi 1 janvier 2008)

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No background › mercredi 31 août 2011 - 15:45  message privé !

Quel exutoire cet album, toujours aussi bon malgré son âge. Et si les faces A et B diffèrent dans le style, le tout forme un bloc massif de haine et de noirceur, irrésistible. Leur chef d'oeuvre pour ma part (mais In my head n'est pas loin).

Note donnée au disque :       
zen › mercredi 2 mars 2011 - 19:57  message privé !

j'ai jamais été un grand fan de Black Flag post-Damaged. le délire heavy metal, l'attitude macho, les morceaux trop longs...

Ceci dit "My war" est un disque plutôt pas mal et bien meilleur que la suite (à part peut-être le très bon "in my head")

Je ne saurais que conseiller d'écouter les fameuses démos de 1982 avec le line-up de rêve Ginn / Cadena / Dukowski / Rollins / Chuck Biscuits: une dizaine de morceaux qui sortiront par la suite sur "My war", "split it in" et "Loose Nut" ainsi que quelques inédits. Là on comprend vraiment où Black Flag voulait en venir avec cette suite parfaite de "Damaged"... les deux guitares (quand on sait que "damaged" a été composé pour une seule guitare et en comporte deux alors que tout ce qui a suivi a été composé pour deux guitares mais n'en a qu'une on ne peut qu'être frustré), la basse malsaine de Dukowski et le meilleur batteur qu'ait eu le groupe, chuck biscuits (de DOA) pour un hardcore vraiment sombre et suffocant.... il existe quelques vidéos de cette période sur youtube (dont une incroyable de juin 82 avec Emil à la batterie) qui montrent qu'à 5 le groupe était vraiment à son apogée niveau intensité et créativité... dommage qu'il y ait eu l'embrouille avec Dukowski et que Cadena soit parti parce qu'on aurait tenu là le meilleur groupe des années 80.

enfin bon, il reste ces démos, à mon avis supérieures à la version finale de "My War".

sourdicus › vendredi 22 octobre 2010 - 15:46  message privé !

Un chouette album, a contextualiser pour apprécier a sa juste valeur. Je ne suis pas super fan de la face A, même si elle suinte la paranoia et met la paté a pas mal de groupes se voulant tough, lui préferant la B, carrément plus rampante. Dommage que ça vire camionneur par la suite... MY TARGET IS YOUR EYES MY TARGET IS YOUR EYES MY TARGET IS YOUR EYES MY TARGET IS YOUR EYES MY TARGET IS YOUR EYES MY TARGET IS YOUR EYES MY TARGET IS YOUR EYES MY TARGET IS YOUR EYES MY TARGET IS YOUR EYES MY TARGET IS YOUR EYES MY TARGET IS YOUR EYES ZZZZZZZZZZZZZZZZZZ

Note donnée au disque :       
spluuk › vendredi 5 février 2010 - 16:28  message privé !

je trouve la face A nulle à chier

et j'adore la face B

Note donnée au disque :       
brighter_paëlla_now › samedi 25 avril 2009 - 13:17  message privé !

De Black Flag, je ne connaissais que l'EP Nervous Breakdown que j'aime beaucoup d'ailleurs. J'ai écouté cet album pour la première fois à l'instant, je me suis plutôt fait chier. Je lui donnerai surement une seconde chance mais ça a l'air mal barré.