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Studio DB, Melesse, France, été 1979
Philippe Pascal (chant), Thierry Alexandre (basse), Anzia (guitare), Frank Darcel (guitare), Eric Morgen (batterie, percussions) + Arnold Turboust (piano), Daniel Paboeuf (saxophone)
A l'heure où 'Control' rappelle l'impact de Ian Curtis et Joy Division sur la musique désenchantée telle que nous la connaissons aujourd'hui, je tenais à revenir sur une formation en laquelle certains ont vu les 'Joy Division français': Marquis de Sade. Quant à la comparaison elle-même, elle est un peu boìteuse même si, comme les Anglais, le quintet a su développer une musique intense, intellectuelle et torturée. Marquis de Sade, c'est en effet d'abord un feeling, une tension écorchée, véhiculée par le chant de Philippe Pascal. Notre homme vit ses paroles, les coule dans la musique, de manière parfois frénétique, hurlée ou plus résignée; sans être un grand chanteur techniquement, il porte pourtant littéralement l'album de par cette charge émotionnelle et son talent à filer la chair de poule simplement parce que ce n'est pas ce qu'il cherche à faire. La force de Marquis de Sade, c'est d'avoir quelque chose à dire, ce qui explique la remarquable cohérence des musiciens, leur musique est bouillonnante, tendue. Elle se fait parfois tranquille comme sur 'Boys boys' sans apaiser pour autant; elle accélère parfois en montées explosives (l'excellent 'Set in motion memories', 'Airtight cell'), sonne de manière épileptique ('Japanese spy', 'Smiles') ou juste désenchantée ('Die'). La rythmique est impeccable, sombre et sobre, permettant à la guitare ou au saxophone des attaques plus folles (et je ne parle même pas de la voix !). Bien qu'associée à la cold wave, la musique de Marquis de Sade reste fortement chargée d'éléments post-punk de par ses touches rageuses mais ne cède jamais à la facilité. On pourrait certes parler des Cure, de Joy Division ou des Stranglers, si ce n'est que nos Français ont débuté en même temps que (si ce n'est avant) ces formations, prouvant par là à quel point leur démarche était personnelle, ce que peu de gens ont compris en 1978, le groupe rencontrant surtout un succès d'estime. (lundi 15 octobre 2007)
note
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Il faut que je trouve cet album...
Rue de Siam est prévu...mais voilà longtemps que je ne l'ai plus réécouté. Il faudrait que je me replonge dedans.
Je connais beaucoup moins Dantzig Twist, mais il est dommage que l'album "Rue de Siam" ne soit pas chroniqué sur Gutsofdarkness tant il est excellent et doté d'une réelle identité musicale, rare pour un groupe frenchie (avec des orchestrations à la fois Cold/Post-Punk et Jazz, tout un programme!).
Quand on sait que "Airtight cell" est sorti en 1978, on se dit que pour le coup les français n'avaient aucun train de retard question post-punk, pour une fois il fallait que ce soit dit. Et que je te brasse les Schoenberg, Kraftwerk, Mahler, Kurt Weill, Ornette Coleman, Velvet Underground, Egon Schiele et autre Murnau dans un faisceaux de références beaucoup trop grandes pour l'exigu hexagone, c'est l'Europe la plus en pointe, fière de son passé créatif, angoissé par son futur, qui exprimait son cri ici.