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DRAKKAR PRODUCTIONS

par Iormungand Thrazar › jeudi 1 juin 2006

C

Drakkar Productions est un label français actif et vivant depuis maintenant douze ans. L'occasion de réaliser une interview lors de laquelle on aborde plusieurs thèmes du vécu Drakkar Productions avec son fondateur Noktu.

1. A quel âge as-tu créé Drakkar Productions et quels étaient tes moyens à l’époque ? Avais-tu un but particulier en créant cette structure ? Ce but a-t-il changé à travers les années, avec la réussite du label et la possibilité de sortir plus de choses ?

J’avais 20 ans quand j’ai commencé ce label. Je n’avais aucun moyen, j’ai investi petit à petit des économies personnelles qui me servaient à acheter des demos auprès des groupes de l’époque afin de les promouvoir dans ma région. J’ai ensuite commencé à distribuer d’autres produits et naturellement je me suis tourné vers la production car en 1995 personne ne voulait signer les groupes des Black Legions. Il n’y avait pas vraiment de but car Drakkar Productions au départ n’était pas du tout une structure commerciale. Je travaillais dans l’optique de promouvoir les groupes que j’appréciais . Avec les années, c’est devenu une societé et nous travaillons désormais de façon professionnelle avec les outils de communication que nous offre le monde moderne. Je pense à internet qui facilite grandement la communication de nos jours.

2. Drakkar a maintenant douze ans. Espérais-tu perdurer à ce point en débutant ?

Je ne savais pas vraiment où j’allais, disons que je me suis laissé aller et j’en suis arrivé là où nous sommes aujourd’hui.

3. La première production cd de Drakkar fut « Vampires of black imperial blood » de Mütiilation en 1995. Un album qui a eu deux effets simultanés : il a contribué à la fois à la réputation du label et aussi de ce groupe. Que penses-tu de cette première production devenue légendaire avec le recul d’une dizaine d’années ?

Je trouve cet album très mauvais par rapport aux demos qui avaient un son bien meilleur. Je ne sais pas comment il a réussi à massacrer le son de la sorte mais bon…

4. Drakkar a ensuite produit un split entre Torgeist et Vlad Tepes. On en a beaucoup dit au sujet de ces groupes appartenant aux « Black legions » (Les légions noires). Quel est ton avis sur ce mouvement en analysant le passé ? Sérieux ou fumisterie ?

Je n’ai rien à dire la dessus, je pense que la mode autour de ces groupes est stupide et les gens qui « écoutent » ces groupes en 2006 en achetant des bootlegs de bootlegs sont de sinistres abrutis.

5. Par la suite, Drakkar a sorti nombre de disques devenus cultes, je pense notamment dans un premier temps au « Legends of evil and eternal death » de Hirilorn ainsi qu’à « The first possession » de Warloghe. Que penses-tu de ces deux sorties, ont-elle été comme je le crois un gros pas en avant pour le label ? Que penses-tu également du split de cet excellent groupe qu’était Hirilorn qui avait un potentiel énorme et qui pour moi représente une grosse perte pour le black metal contemporain ?

Je pense que ce sont deux bons albums. Hirilorn était un groupe avec un certain potentiel, c’est juste dommage que comme la plupart des groupes, ils se soient précipités pour sortir un album. Warloghe est un groupe très respectable est très intègre.

6.En 1999, Drakkar sortait la première demo d’un groupe qui a pris beaucoup d’ampleur récemment : Deathspell Omega. Que penses-tu de l’évolution de ce groupe ainsi que de la pléthore de groupes qui se réclament aujourd’hui d’un satanisme orthodoxe, n’hésitant pas à faire directement référence (au niveau des paroles ou de l’esthétique) à la religion chrétienne et au renversement de ses valeurs en citant la bible ou d’autres écrits religieux ?

Je pense que le groupe a perdu son identité depuis le départ de l’entité principale qui écrivait tous les textes. J’ai du mal a comprendre cette nouvelle mode qui est plus esthétique qu’autre chose en fin de compte. Certainement pour camoufler un manque évident de crédibilité pour la plupart des groupes qui prétendent suivre ce mouvement. Le Black Metal se doit d’être au-dessus de tout dogme religieux pré-établi. Puiser son influence dans la bible est le reflet d’un certain manque d’inspiration.

7. En 2001, Mütiilation renaissait de ses cendres après « Remains of a ruined,dead,cursed soul » en sortant toujours chez toi l’album « Black millenium (grimly reborn) ». Puis, en 2003, « Majestas leprosus » paraissait chez Ordealis Records, à ma grande surprise. Au même titre que les rumeurs sur les Black Legions, on en a beaucoup dit sur cette rupture entre Drakkar et Mütiilation, sans finalement jamais entendre les protagonistes sur la question. Souhaites-tu donner ton avis sur ce cas ?

Nous étions certainement trop proches avec Willy, cependant, je respecte toujours cet affreux personnage. Quant à Ordealis, je pense qu’ils sont réellement méprisables.

8. Toujours dans le rayon départs, quelques sorties de Peste Noire était annoncées sur Drakkar Productions. On a appris récemment que ça ne se ferait pas sur ton label. Souhaites-tu éclaircir la situation de ton point de vue dans ces pages ?

Et bien, nous ne sortons pas de merde et le nouveau Peste Noire sonnait comme de la merde. J’ai dit ça au monsieur et il s’est vexé. Je ne me fais pas de soucis, il y aura assez de labels pour lui sortir ses albums.

9. Il y a quelques années, tu as organisé des festivals black metal avec des groupes underground. Quels sont tes souvenirs de ces Drakkar Fest ? La performance d’un groupe en particulier te reste à l’esprit ? Quelques anecdotes peut-être ? Pourquoi un tel festival n’est plus possible aujourd’hui, notamment en France ? Quelques mots également sur la difficulté à faire tourner GBK en Europe (concerts annulés, changement de lieu quelques heures avant en Grande-Bretagne) ?

Ce n’est plus possible de faire des concerts en France, du moins des concerts de Black metal organisés par Drakkar Productions. Tout le monde essaye de nous mettre des bâtons dans les roues et ils ont bien raison car nous sommes ce qu’il y a de pire au monde. Je me souviens du Hellfest 2000 avec Decayed, Impiety et Abigail. Le meilleur concert selon moi, beaucoup de violence et surtout du Metal extrême. Les gens qui ont fini a l’hôpital doivent en garder aussi de bons souvenirs.

10. En 2006, Drakkar productions continue toujours à produire des groupes sous le format demo tape, malgré l’arrivée de démos en format cdr, un format qu ise répand de plus en plus. Que représente ce format à tes yeux ?

Je n’aime pas le format CDR, nous continuerons donc à produire des demo tapes. Un format que j’affectionne particulièrement.

11. Je sais que Celestia et Drakkar Productions ont eu quelques problèmes avec Agonia Records, notamment au niveau du cd « Dead insekta sequestration ». Explique nous pourquoi nous devons éviter ce label ?

Agonia n’est pas un label de toute confiance. C’est tout ce que j’ai à dire a leur sujet.

12. Parlons maintenant de tes projets musicaux. Alors que l’on croyait Celestia mort, tu as décidé de ressusciter ta création. Quelle est la suite pour ce très bon projet, qui a quelques années au compteur aujourd’hui ?

Un nouvel album pour septembre donc… (NDLR : le nouvel album s’intitulera "Frigidiis Apotheosia: Genèse de l'Abstinence" et sortira sur le label italien Aeternitas Tenebrarum Music Foundation. Site de )

13. Un mot sur Mortifera également. Après un premier album sur Goatowarex, que peut-on attendre de ce projet ? J’ai cru comprendre que Neige (ex-Peste Noire, Alcest) n’en fait plus partie ? Quelle en est la raison ?

Divergence d’idées d’un point de vue musical. Je voulais absolument poursuivre Mortifera en tant que groupe de Black Metal. Neige est plus dans la musique Rock aujourd’hui. Notre séparation était donc inévitable. Quant à l’avenir de Mortifera, je pense que le groupe reviendra avec un nouvel album en 2007. 2006 étant l’année Celestia.

14. La qualité du service chez Drakkar Productions s’est nettement améliorée récemment. La distribution est plus efficace et les catalogues sont plus fournis (notamment le dernier avec photos des productions disponibles etc etc). Souhaites-tu développer encore plus cet aspect au niveau du catalogue, proposer quelque chose de complet ?

Oui, nous nous efforçons d’améliorer la qualité de notre service bien que nous ayons commencé à nous détacher progressivement de la distribution. En effet, trop de productions médiocres ont envahi le marché et nous préférons nous tenir à l’écart de tout cela afin de proposer à notre clientèle des produits de qualité soutenus par un service que nous tâchons de rendre irréprochable. Nous mettons un point d’honneur aussi à ne pas nous prostituer sur tous ces forums de metal comme le font tous ces misérables labels de mendiants. Non, Drakkar restera un label noble et prétentieux jusqu'à la tombe. Concernant l’avenir du label, nous allons donc nous réinvestir pleinement dans la production durant le deuxième semestre 2006. Plus de 50 Productions CD/LP/EP/Tapes sont prévues sans compter les shirts. L’avenir en dira davantage.

15. En regardant ces douze années passées en portant Drakkar Productions sur tes épaules, si tu devais retenir cinq de tes productions qui ont un goût particulier pour toi et qui ont marqué un tournant important pour le label, quelles seraient-elles en nous expliquant brièvement pourquoi…

Cela serait difficile à dire… Je passe.

16. Y a-t-il des groupes que tu aurais pu produire et que tu regrettes de ne pas avoir lancé avec Drakkar Productions pour des raisons personnelles. Le genre de groupes que tu écoutes aujourd’hui en te disant, merde, c’est pas mal du tout. Tu en vois quelques uns ?

Oui, Blacksstorm(Fra). Mis a part ça, je ne suis pas un nostalgique et je n’écoute guère de musique à titre personnel.

17. Tu comptes aller jusqu’où avec Drakkar Productions ? Tu te vois continuer encore longtemps ?

Vraiment aucune idée. Ce qui me pousse à continuer, c’est de voir ce qui se passe en France. La misère m’a toujours apporté pas mal d’inspiration. C’est dans la haine que l’on construit les plus belles choses. Regarde ce qu’a fait Adolf Hitler… Sans vouloir exprimer des idées à connotation politique, je serai ravi de faire quelque chose d’aussi grand dans le monde de l’industrie du disque. C'est-à-dire tout détruire ! Car oui ! nous devons boycotter les maisons de disques et surtout les magazines de metal en France ! Inutile aussi de dire qu’il faut aussi boycotter les festivals qui commencent a se développer dans notre horrible pays. Il faut redonner au metal une très mauvaise reputation ! Non, le metal n’est pas une musique humaniste comme les gens le pensent. Il y aura toujours des gens comme moi qui iront dans les festivals pour se battre et faire saigner des porcs à coup de poing américain. Ce qui nous pousse à continuer c’est ça, cette haine envers l’humanité…

18. La conclusion de cette interview est tienne…

Merci pour cette interview. No contact address.

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Dernière mise à jour du document : jeudi 1 juin 2006

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